Municipales à Bordeaux : le vote Dessertine décrypté
Lors du premier tour des élections municipales à Bordeaux, l'économiste Philippe Dessertine, novice en politique, a réalisé une performance notable en obtenant 20,16% des suffrages. Il se place ainsi en troisième position, derrière le maire écologiste sortant Pierre Hurmic (27,68%) et le député macroniste Thomas Cazenave, candidat de la droite et du centre (25,58%). Cette percée mérite une analyse fine de la géographie électorale de son vote.
Un ancrage marqué dans les quartiers résidentiels aisés
Premier enseignement majeur : Philippe Dessertine enregistre ses scores les plus élevés dans les quartiers aisés de Bordeaux. Bien que classé divers centre par la préfecture et portant une liste se revendiquant farouchement de la « société civile », ses positions trouvent un écho particulier dans ces secteurs. Son discours, axé sur un effort conséquent en matière de sécurité, une alerte sur l'assèchement des finances publiques et un soutien aux innovations entrepreneuriales, résonne avec des idées souvent associées à la droite.
Son épouse Laurence, visible dans l'équipe de campagne, incarne d'ailleurs cette proximité. Ancienne conseillère départementale (ex-Horizons) et ancienne adjointe d'Alain Juppé, elle apporte une certaine légitimité dans ces cercles.
Les bureaux de vote où il excelle
Les bureaux de vote de Naujac, Lagrange et Albert-Barraud, situés dans les quartiers de Saint-Seurin et Fondaudège, ainsi que Paul-Lapie et Jules-Ferry à Caudéran, figurent parmi ses meilleurs résultats, avec des scores oscillant entre 27% et 29%. Il réalise même des pics impressionnants à Paul-Doumer (toujours à Caudéran) et Jean-Cocteau (autour du Parc bordelais), où il atteint respectivement 31,2% et 32,7%. Il est important de noter que, même dans ces bastions, Philippe Dessertine reste systématiquement devancé par Thomas Cazenave, parfois de seulement quelques dizaines de voix.
Une faiblesse dans les quartiers populaires
À l'inverse, ses plus faibles scores se concentrent dans les quartiers populaires de Bordeaux. Il n'obtient par exemple que 9,5% au bureau de vote Louise-Michel, dans la cité des Aubiers, ou au Point-du-Jour à Bacalan. Le chiffre tombe à 8,74% aux Menuts à Saint-Michel, où le candidat anticapitaliste Philippe Poutou réalise de bien meilleurs résultats. Un regard sur la rive droite, où de nombreuses résidences ont été construites récemment, notamment à Bastide-Niel, attirant familles et jeunes couples, montre des scores plus modérés : 15,5% à Nuyens et 14% à Suzanne-Martin.
Cette analyse électorale révèle ainsi un clivage social net dans le vote Dessertine, entre des quartiers aisés séduits par son profil d'économiste et son discours et des quartiers populaires où sa candidature peine à convaincre.



