Bordeaux 2026 : Thomas Cazenave veut chasser l'écologiste Pierre Hurmic de la mairie
Bordeaux 2026 : Cazenave veut chasser Hurmic de la mairie

Bordeaux 2026 : le duel politique s'annonce serré

Chasser l'écologiste Pierre Hurmic du palais Rohan constitue l'objectif affiché de Thomas Cazenave, candidat déclaré à la mairie de Bordeaux pour les élections municipales de mars 2026. « Je veux en finir avec l'immobilisme de la majorité actuelle », lance d'emblée le député Renaissance, déterminé à reprendre la ville qu'il estime mal dirigée.

Un parcours politique marqué par l'échec de 2020

Dans sa permanence située près du jardin public, le quadragénaire enchaîne les rendez-vous, conscient de la nécessité de conduire une liste d'union dès le premier tour. Cette stratégie vise à éviter de reproduire le scénario des municipales de 2020, où l'inspecteur des finances macroniste n'avait obtenu que la troisième place avec 12,69 % des voix, loin derrière le maire LR sortant Nicolas Florian (34,56 %) et le candidat écologiste Pierre Hurmic (34,38 %).

L'alliance conclue entre les deux tours avec le successeur d'Alain Juppé, malgré une campagne très offensive, n'avait pas empêché la victoire de Pierre Hurmic. Depuis cette défaite, Thomas Cazenave n'a jamais renoncé à son ambition de diriger sa ville natale. Élu député de Gironde en 2022 et réélu en 2024, cet énarque agrégé d'économie est resté présent aux conseils municipal et métropolitain, y compris durant son mandat de ministre délégué aux Comptes publics.

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Le paysage politique rebattu après la disparition de Nicolas Florian

La disparition brutale de Nicolas Florian en janvier 2025 a considérablement modifié l'échiquier politique bordelais. Selon un sondage Ifop réalisé début avril pour Renaissance, Thomas Cazenave, à la tête d'une liste rassemblant la droite et le centre, recueillerait 32 % des intentions de vote, se plaçant derrière le maire écologiste sortant mesuré à 35 %.

Cet écart de trois points, situé dans la marge d'erreur, laisse entrevoir des possibilités de victoire. En miroir, une liste d'union menée par la sénatrice et ancienne ministre déléguée au Tourisme Nathalie Delattre, qui a également déclaré sa candidature, ne récolterait que 29 %, contre 38 % pour Pierre Hurmic.

La difficile construction d'une union large

Les deux ex-ministres parviendront-ils à enterrer la hache de guerre ? « Nous avons avancé », assure Thomas Cazenave. « Alexandra Siarri [ancienne adjointe au social d'Alain Juppé] et le LR Pierre De Gaétan Njikam m'ont rejoint. Il ne manque que Nathalie Delattre pour achever l'union. »

Le député propose de réaliser un nouveau sondage pour les départager et n'exclut pas la formation d'un ticket : lui à la mairie, la présidente du Parti radical à la métropole. Alexandra Siarri, pour sa part, explique son ralliement : « Je n'ai jamais été macroniste. Mais Thomas est le seul qui connaît vraiment Bordeaux. Il est intellectuellement capé, dénué de cynisme et obsédé par le bien commun et le service public. »

Les enjeux nationaux et locaux de la bataille bordelaise

À Paris, les états-majors restent discrets, mais des caciques pourraient « sonner la fin de la récréation », car les marcheurs espèrent bien conquérir des grandes villes en misant sur un « désenchantement » vis-à-vis des Verts.

Sur le terrain, Thomas Cazenave déroule une méthode et un cap bien définis :

  • Il ne met plus en avant son passé parisien (la commission Attali à laquelle il a participé avec Emmanuel Macron, Bercy et l'Élysée)
  • Il joue désormais à fond la carte bordelaise
  • Il défend une philosophie de l'action en deux temps pour le « port de la Lune »

Un programme axé sur le quotidien et les grands défis

Le candidat insiste d'abord sur les problématiques quotidiennes : sécurité, propreté, mobilités, avec une mesure immédiate symbolique : rallumer l'éclairage public toute la nuit. Il prône un rééquilibrage des usages (voiture, vélo, piétons, tram) et une politique des transports pour fiabiliser le réseau.

« Sans réponses rapides et fortes aux problèmes du quotidien, on ne crée pas la confiance nécessaire pour relever les grands défis de demain », précise Thomas Cazenave, évoquant :

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  1. Le vieillissement rapide de la population
  2. Le départ des familles
  3. L'adaptation au changement climatique
  4. La rupture territoriale avec un Bordeaux qui se replie sur lui-même

Son programme complet sera dévoilé en janvier 2026, mais il promet déjà une écologie d'investissement pour adapter la ville au réchauffement climatique, s'opposant ainsi, selon lui, à l'écologie des apparences du maire sortant.

L'héritage politique bordelais en question

À Bordeaux, l'ombre portée de Chaban-Delmas puis d'Alain Juppé rappelle que la ville a toujours apprécié les bons élèves et s'est longtemps gagnée au centre droit grâce à des alliances patiemment forgées. Reste à voir si Thomas Cazenave saura renouer ce fil historique – ou si Pierre Hurmic prolongera la séquence ouverte en 2020 et confirmera l'ancrage écologiste de la ville.

La bataille pour Bordeaux s'annonce donc particulièrement intense, avec des enjeux qui dépassent le cadre local pour toucher à l'équilibre politique national et à la place des écologistes dans la gouvernance des grandes villes françaises.