Serge Blanco en tête à Biarritz, les alliances en suspens
Serge Blanco va-t-il transformer l'essai politique ? La question est sur toutes les lèvres après son arrivée en tête du premier tour des élections municipales dans la cité balnéaire du Pays basque. L'ancienne gloire du rugby a obtenu 26,68% des suffrages, devançant d'une très courte tête la maire sortante Maider Arosteguy qui recueille 26,60%. Cette soirée électorale et la journée de lundi ont été marquées par des tractations intensives entre les différentes forces politiques.
Une configuration politique atypique
En politique, la question des alliances se résume souvent à des principes et des valeurs clairs : pour ou contre l'union avec l'extrême droite ou La France Insoumise par exemple. Cette grille de lecture apparaît trop simpliste pour Biarritz où, depuis près de quinze ans, la vie politique tourne essentiellement autour du centre. Pour ce scrutin municipal, cinq candidats sur les six en lice se présentent sans étiquette politique officielle, ce qui complique considérablement les possibilités de ralliement.
La situation devient encore plus complexe lorsque les urnes ne départagent personne de manière nette. Serge Blanco, premier d'une courte tête, sera-t-il tenté de partir seul vers l'embut ? Cette stratégie avait réussi à sa rivale Maider Arosteguy en 2020. L'ancien rugbyman a d'ores et déjà repoussé la fusion avec la liste d'Ana Ezcurra, arrivée troisième avec un positionnement se revendiquant des valeurs de la gauche, ce qui apparaît inacceptable pour certains de ses propres colistiers.
Des négociations à géométrie variable
Ce lundi soir, l'équipe de Serge Blanco laissait entendre que rien n'était encore exclu : fusion de deux ou trois listes ou continuation en solitaire. « Il est capable de gagner seul, le vote utile va exister bien plus au second tour », analyse l'un de ses colistiers. L'arrivée en première position a galvanisé les soutiens du candidat plus que l'intéressé lui-même : accueilli par une foule enthousiaste à l'hôtel de ville, l'ex-rugbyman a visiblement tenté de dissimuler son imposante stature, restant sur la réserve face à l'enthousiasme général.
Pendant ce temps, dans le camp de Maider Arosteguy, la résilience de la sortante n'effaçait pas les mines déconfites. Derrière des applaudissements de façade, les douze voix de retard et le sentiment d'être passée à côté de sa campagne dominaient les esprits. Malgré des tentatives insistantes auprès de Guillaume Barucq et Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde, la maire sortante n'a conclu ce lundi avec aucun des deux élus d'opposition.
Des scénarios multiples pour le second tour
Ces deux élus ont pour point commun d'avoir porté en justice des délibérations concernant les logements du plateau d'Aguilera. Ils sont également liés à la candidate de gauche Ana Ezcurra. En 2020, ces trois jeunes Biarrots faisaient campagne ensemble sous la même bannière « vague verte et solidaire ». Cette proximité réveille l'idée d'une nouvelle alliance qui ramènerait le deuxième tour à une triangulaire, ces trois listes totalisant 33% des suffrages exprimés.
Au fil de cette journée de lundi, les enchères ont monté autour des postes à offrir aux possibles ralliés, mais rien n'était conclu le soir venu. Il reste de cette intense journée de tractation le pari de Serge Blanco de ne pas fusionner et la volonté affirmée de Maider Arosteguy de rassembler, quitte à conduire une équipe moins acquise à sa cause que durant les six dernières années. Reste également la possibilité d'une quadrangulaire, comme en 2020, ou mieux encore, d'une quinquangulaire qui témoignerait de la fragmentation politique de la ville.
Les prochaines heures seront décisives pour l'avenir politique de Biarritz, avec des négociations qui pourraient rebattre complètement les cartes avant le second tour. La configuration actuelle, où cinq des six candidats sont sans étiquette, rend les alliances particulièrement complexes à construire et à justifier auprès des électeurs.



