François Bayrou en difficulté à Pau face à une triangulaire serrée au second tour
Bayrou en difficulté à Pau face à une triangulaire serrée

Une triangulaire serrée attend François Bayrou au second tour à Pau

En ballotage dans une triangulaire au deuxième tour des élections municipales à Pau, François Bayrou semble peiner à transformer son bilan local en succès électoral. L'entre-deux tours s'annonce particulièrement rude, entre tractations politiques et opération de séduction des abstentionnistes. Comment mener une dernière campagne municipale dans une ville moyenne du Sud-Ouest quelques mois après avoir connu les ors de Matignon, après quarante ans de joutes politiques et de mandats variés ?

Un matelas électoral fragile pour le maire sortant

C'est l'équation complexe que doit résoudre François Bayrou, 74 ans, maire de Pau depuis 2014. Une triangulaire l'attend dimanche prochain, qui promet d'être serrée avec son opposant socialiste Jérôme Marbot et Margaux Taillefer, du Rassemblement national. Près de 2 000 voix seulement séparent la liste « Nous aimons Pau » du maire sortant de « Nouvelle ère », celle de l'union de la gauche, soit 8 points d'écart seulement.

Ce matelas électoral semble particulièrement léger sur un ensemble de 26 759 votants, d'autant plus que la liste « L'Espérance pour Pau » du RN joue les arbitres avec 16,26 % des voix. Les tractations allaient bon train ce lundi entre les trois principaux candidats et les poursuivants du premier tour, dont l'ancien adjoint Pascal Boniface à 8,7 %, le LFI Jean-François Blanco à 7 % et l'ancien MoDem Philippe Arraou à 6,2 %.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le défi des abstentionnistes et des nouveaux arrivants

François Bayrou devra surtout convaincre les nombreux abstentionnistes, qui ont représenté 45 % des électeurs au premier tour, contre 37,5 % dans le département des Pyrénées-Atlantiques. « Il faudra se battre, non pas en appareil politique mais avec chaque citoyen, chaque citoyenne, chaque famille, chaque ami », lançait le maire sortant devant ses soutiens dimanche soir.

Il a insisté sur l'image du maire-bâtisseur qu'il s'est forgée depuis deux mandats : « Ce qui se joue, ce n'est pas notre destin mais celui de nos enfants, de chacun et chacune des grandes institutions qui forment cette ville ». Pourtant, un militant bayrouiste confiait le lendemain : « C'est sûr que ce n'était pas la joie hier soir, mais on y croit, il va falloir rassembler tout le monde ».

Le paradoxe Bayrou : maire bâtisseur mais score décevant

Une tâche ardue selon un fin connaisseur de la politique paloise : « Cette fois Bayrou va devoir convaincre les indécis, notamment les Néo-Palois, et les nouveaux arrivants ne connaissent que le Bayrou national ». Durant la campagne du premier tour, ses adversaires ont globalement esquivé les sujets sensibles comme Bétharram et les affaires nationales.

Reste que son score n'a pas été à la hauteur d'un maire qui avait remporté 45,83 % des voix au premier tour en 2020 et qui, de l'avis général, a transformé sa ville. Dès lors, le maire François peut-il être victime du Premier ministre Bayrou ? Au regard des résultats du premier tour, l'aura nationale du plus connu des élus béarnais ne l'a en tout cas pas propulsé vers les sommets électoraux attendus.

La campagne finale s'annonce donc déterminante pour l'avenir politique de François Bayrou à Pau, avec en ligne de mire la nécessité de rallier les indécis, de séduire les abstentionnistes et de négocier habilement avec les petits candidats éliminés au premier tour. La métamorphose de la ville qu'il a orchestrée pendant douze ans sera-t-elle suffisante pour le maintenir à la mairie ? La réponse sera donnée dimanche prochain.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale