Municipales à Bayonne : la gauche divisée en trois listes pour le premier tour
Le premier tour des élections municipales à Bayonne, prévu le 15 mars, mettra en concurrence trois listes de gauche, révélant une division profonde au sein de l'électorat progressiste. Cette fragmentation complique considérablement les perspectives d'union pour le second tour et pourrait profiter au maire sortant, Jean-René Etchegaray, et à sa liste Bayonne l'essentiel c'est vous ! encartée Renaissance.
L'annonce de La France insoumise
Dans un mail diffusé dimanche soir aux rédactions du Pays basque, Sandra Pereira-Ostanel, syndicaliste et élue d'opposition à Anglet, a officiellement annoncé sa candidature en tant que tête de liste de La France insoumise à Bayonne. Sa liste, baptisée Bayonne insoumise et populaire, vient s'ajouter aux deux autres forces de gauche déjà en lice.
« Cela s'appelle la démocratie. Nous amenons une offre qui n'était pas présente à Bayonne », a déclaré Sandra Pereira-Ostanel, justifiant cette nouvelle candidature. Cependant, cette offre pose immédiatement deux questions cruciales : à qui vient-elle tailler des croupières ? Et parviendra-t-elle à réunir les 10 % des votants nécessaires pour se maintenir au second tour ?
Les autres listes de gauche en présence
Les deux autres listes de gauche sont :
- Bayonne en mouvement - Baiona mugimenduan, menée par Jean-Claude Iriart et encartée EH Bai.
- Bayonne tout simplement, conduite par Henri Etcheto et encartée Parti socialiste.
Bien que ces listes martèlent n'avoir qu'un seul adversaire, le maire sortant Jean-René Etchegaray, le véritable enjeu du premier tour pour elles est de savoir laquelle virera en tête. Cette performance orientera les éventuelles alliances entre les deux tours, sachant que ces deux forces ont toujours échoué à s'accorder complètement par le passé.
Une défiance historique
La défiance enracinée entre la composante abertzale de Bayonne en mouvement et Henri Etcheto, jugé hostile à ses préoccupations, explique en grande partie cette incapacité à l'union. Ce contexte a déjà été synonyme de défaite lors des municipales de 2014 et 2020, où la division a profité à la droite.
À un mois presque jour pour jour du premier tour, l'arrivée de La France insoumise vient donc compliquer encore l'équation. Les tentatives d'union, essentiellement revendiquées par Bayonne en mouvement, relèvent désormais du vœu pieux face à cette triple candidature.
Les réactions et perspectives
Jean-René Etchegaray et sa liste Bayonne l'essentiel c'est vous ! n'en demandaient pas tant, voyant dans cette division une opportunité pour se maintenir. Par ailleurs, dans la bataille bayonnaise, Pascal Lesellier, encarté Rassemblement National, et sa liste d'extrême droite Unis pour Bayonne l'alternative ! espèrent aussi accrocher un second tour, profitant potentiellement de la fragmentation de la gauche.
La gauche bayonnaise s'avance donc largement divisée, avec des enjeux de répartition de l'électorat qui détermineront non seulement les alliances possibles, mais aussi la capacité à contrer les forces de droite et d'extrême droite. Le premier tour du 15 mars s'annonce comme un test crucial pour l'avenir politique de la ville.



