Bayonne : une alliance inédite des gauches pour les municipales 2026
La scène est historique. Ce mardi 17 mars, devant le café de la gare de Bayonne, Jean-Claude Iriart, figure abertzale, et Henri Etcheto, socialiste, posent côte à côte, souriants, pour la presse. Après des années de rivalité aux municipales de 2014, 2020 et au premier tour du scrutin local, dimanche 15 mars, ils annoncent une décision sans précédent : la fusion de leurs listes, Bayonne en mouvement et Bayonne tout simplement, en vue du second tour des élections municipales 2026.
Une stratégie pour battre le maire sortant
L'objectif est clair : déloger le maire centriste sortant, Jean-René Etchegaray, élu depuis 2014. Ensemble, Iriart et Etcheto cumulent 43,36 % des voix au premier tour, auxquels s'ajoutent les 3,81 % de la candidate LFI, Sandra Pereira-Ostanel, portant le total des votes à gauche à 47,17 %. Face à eux, la liste d'Etchegaray a obtenu 42,11 %, tandis que celle du Rassemblement national, menée par Pascal Lesellier, a réuni 10,72 % et sera aussi présente au second tour.
Les deux anciens rivaux voient dans ces résultats une volonté claire d'alternance après soixante ans de gouvernance ininterrompue à droite et au centre. Ils prétendent porter un accord solide pour faire basculer la mairie à gauche.
La naissance de Rassemblés pour Bayonne
La nouvelle liste commune, baptisée Rassemblés pour Bayonne (en euskara : Elkarrekin Baionarentzat), a été déposée en sous-préfecture. Jean-Claude Iriart, qui a devancé Henri Etcheto de 117 voix au premier tour, en prend la tête. La composition de la liste a été un sujet sensible, réglé par une répartition paritaire : sur 33 sièges potentiels, 17 reviennent à Bayonne en mouvement et 16 à Bayonne tout simplement.
Autour des deux leaders, des militants de divers partis se sont rassemblés : Parti socialiste, PC, Verts, EH Bai, Génération écologie, Place publique, Nouveau parti anticapitaliste, Génération-s, et des personnes sans étiquette. Une dizaine seulement a participé aux tractations pour aboutir à cet accord.
Des divergences surmontées
Les programmes des deux listes ont été fusionnés, avec des accords sur des sujets sensibles comme la Communauté d'agglomération Pays basque, les déplacements et le soutien à la langue basque. Jean-Claude Iriart insiste : Quand on regarde dans le détail nos priorités, nous sommes parfois sur des propositions similaires au mot près. Cet accord n'a rien d'artificiel. Henri Etcheto ajoute : Si nous avons des divergences, nous avons aussi beaucoup de convergences. Une élection, ce n'est pas un moment figé, c'est un débat qui progresse.
Sur la liste, Henri Etcheto se place en 3e position, derrière Jean-Claude Iriart et Cathy Liousse, une fidèle alliée. La députée socialiste Colette Capdevielle occupe la 4e place. Quant au rôle d'Etcheto en cas de victoire, il reste flou : il ne sera pas forcément premier adjoint.
Cette alliance marque un tournant dans la politique bayonnaise, avec l'espoir de rompre avec des décennies de domination centriste.



