Municipales à Bayonne : un débat serré entre les trois finalistes avant le second tour
La campagne des municipales à Bayonne entre dans sa phase décisive, avec un second tour prévu dimanche 22 mars. À l'issue du premier tour, une triangulaire inédite s'est dessinée, opposant le maire sortant centriste Jean-René Etchegaray (42,11 %), le candidat de gauche Jean-Claude Iriart (21,99 %) et le candidat d'extrême droite Pascal Lesellier (10,72 %). Ce jeudi 19 mars, le journal Sud Ouest et la chaîne locale TVPI ont organisé un débat d'entre-deux tours, permettant aux trois finalistes d'exposer leurs visions et programmes.
Une triangulaire historique qui bouscule le paysage politique
Pour la première fois à Bayonne, un candidat d'extrême droite, Pascal Lesellier, se qualifie pour le second tour d'une élection municipale. Jean-René Etchegaray, bien que confortablement en tête au premier tour, a souligné qu'il faisait désormais face seul à l'extrême droite, tout en appelant les électeurs de M. Lesellier à réfléchir, car selon lui, une voix pour ce dernier profiterait indirectement à la liste de gauche. Jean-Claude Iriart a défendu la fusion des listes de gauche, affirmant que son équipe rassemble des Bayonnais de diverses familles politiques unis par des valeurs communes, sans compromis sur leurs idéaux.
La fusion de la gauche et les tensions sous-jacentes
Jean-Claude Iriart a insisté sur la quasi-identité des programmes entre les différentes composantes de sa liste, malgré des divergences passées. Il a rappelé l'alliance réussie en 2014 entre Jean-René Etchegaray et Sylvie Durruty, malgré des différences abyssales. En réponse, Jean-René Etchegaray a pointé les dissensions graves au sein de la gauche, notamment entre républicains et abertzale, évoquant des oppositions historiques à des projets comme la Communauté d'agglomération au Pays basque. Pascal Lesellier a quant à lui noté des similitudes entre les programmes de ses adversaires, suggérant que le maire sortant penche à gauche.
L'abstention, un enjeu crucial pour le scrutin
Les candidats ont abordé la question de l'abstention, particulièrement dans les quartiers populaires. Pascal Lesellier a évoqué une réserve de voix importante, basée sur les législatives de 2024, et espère mobiliser les électeurs grâce à des positions clarifiées. Jean-Claude Iriart a reconnu que les quartiers populaires délaissent souvent les urnes, promettant une politique différente pour offrir un vrai choix. Jean-René Etchegaray a annoncé poursuivre le porte-à-porte pour comprendre les motivations des électeurs de M. Lesellier et répondre à leurs préoccupations.
Sécurité et premières mesures prioritaires
Sur la sécurité, Pascal Lesellier propose un redéploiement des effectifs policiers, avec l'embauche de 10 agents supplémentaires et la création d'une brigade d'intervention, pour un coût estimé à 1 million d'euros. Jean-René Etchegaray prône une phase de répression face aux incivilités, estimant que la police doit être armée. Jean-Claude Iriart mise sur le renforcement de la police municipale avec des actions de prévention et de médiation. Concernant leurs premières mesures, Jean-Claude Iriart priorise le logement, la mobilité et l'éducation. Jean-René Etchegaray évoque une ville à portée d'enfant et des projets d'investissement comme la plaine des sports à Sainte-Croix. Pascal Lesellier promet un audit des finances et la création d'un parking-relais pour améliorer les transports.
Ce débat a mis en lumière les enjeux clés de cette élection municipale, avec des positions contrastées qui devraient influencer le vote des Bayonnais ce dimanche.



