Une surprise électorale à Alès
Les résultats du premier tour des élections municipales 2026 à Alès ont créé une onde de choc dans la vie politique locale. Alors que beaucoup anticipaient une réélection confortable du maire sortant Christophe Rivenq, les urnes ont livré un verdict bien différent en cette soirée du 15 mars 2026.
Le RN réalise une percée historique
La véritable révélation de ce scrutin réside dans la performance du Rassemblement national. La liste "Rassemblés pour Alès" menée par Anthony Bordarier obtient 26,44% des suffrages, soit 3 480 voix, se hissant ainsi à la deuxième place. Cette progression spectaculaire marque un tournant dans l'histoire électorale alésienne, où l'extrême droite n'avait recueilli que 8,69% en 2020 et 11,98% en 2014.
Anthony Bordarier, visiblement satisfait, déclare : "Je savais que j'allais créer la surprise. Je vous l'avais dit en conférence de presse, et je n'ai pas menti". Le candidat du RN reconnaît néanmoins bénéficier d'une dynamique nationale favorable à son parti.
Le maire sortant en difficulté
Christophe Rivenq, tête de la liste "Alès", obtient 32,61% des voix, soit 4 293 suffrages. Un résultat bien en deçà des attentes pour le premier magistrat qui parle lui-même d'une "grosse surprise". Son entourage, qui anticipait une victoire plus nette, affiche des visages figés lors du dépouillement.
L'analyse du maire sortant est sans appel : ses voix auraient été siphonnées par la liste du RN et celle de Marc Infantès, "Alès, moderne et authentique", qui obtient 13,62% (1 793 voix).
La gauche divisée et affaiblie
La gauche alésienne paie cher son manque d'unité. Trois listes se partagent les voix de l'opposition de gauche : "Alès, c'est Vous !" de Paul Planque (15,06%, 1 982 voix), "Alès commun" de Basile Imbert (10,79%, 1 420 voix), et la liste de Lutte ouvrière.
Le cumul de ces trois formations atteint seulement 27,33% (3 597 voix), un recul significatif par rapport aux 32,11% obtenus en 2020 et aux 33,86% de 2014. La question d'une éventuelle union pour le second tour se pose avec acuité, mais les divergences persistent, notamment concernant la présence de membres de La France insoumise dans certaines listes.
Vers un second tour incertain
La configuration du second tour, prévu le 22 mars, s'annonce complexe. Max Roustan, ancien maire qui orchestre le dépouillement, évoque une "quadrangulaire, comme en 1995 !". En réalité, une quinquangulaire reste possible puisque toutes les listes dépassant les 10% peuvent se maintenir.
L'abstention, à 49,54%, constitue un autre enseignement majeur de ce premier tour. La mobilisation des électeurs pourrait devenir l'enjeu déterminant des prochains jours. Christophe Rivenq assure avoir "entendu le message des Alésiens" qui réclament notamment davantage de sécurité, et leur demande de lui faire confiance pour le second tour.
Pendant ce temps, le député Pierre Meurin, présent à l'hôtel de ville, savoure la performance du RN dans sa circonscription. La nuit s'annonce longue pour les différents candidats qui doivent décider de leurs stratégies pour le second tour, dans une ville où l'équilibre politique traditionnel vient d'être profondément bouleversé.



