L'ancien chef du gouvernement français défend une résolution historique à l'Assemblée générale des Nations unies
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a présenté dimanche une proposition audacieuse visant à établir un mécanisme onusien contraignant. Ce dispositif obligerait les nations responsables de guerres jugées « illégales » à verser des compensations financières pour la reconstruction des dégâts causés. Cette initiative intervient dans le contexte des tensions actuelles impliquant Israël et les États-Unis contre l'Iran.
Un principe de réparation pour responsabiliser les États belligérants
Sur le plateau de BFMTV, l'ancien ministre des Affaires étrangères a détaillé sa vision : « Ma proposition, c'est que désormais, nous devrions prévoir à travers une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies, puisque le Conseil de sécurité est bloqué, un principe de réparation ». Il a martelé une formule simple mais percutante : « Tout pays qui s'engage dans une intervention illégitime, illégale, doit payer le prix de la reconstruction de ce qu'il a cassé. Tu détruis, tu répares ».
Villepin a explicitement ciblé les décisions du président américain Donald Trump et du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, estimant qu'elles devraient avoir des « conséquences sonnantes et trébuchantes ». Cette position rappelle son rôle historique en 2003, lorsqu'il porta à la tribune de l'ONU le refus français de la guerre américaine en Irak.
Des sanctions nécessaires contre Israël et des responsabilités partagées
L'ancien diplomate a également appelé à l'examen de sanctions contre Israël, qui a élargi son offensive au Liban en réponse à des tirs du Hezbollah. « Je crois que nos démocraties doivent et peuvent agir. Il y a des sanctions économiques possibles, il y a des sanctions politiques possibles », a-t-il affirmé.
Néanmoins, Villepin a adopté une position nuancée en pointant également les responsabilités du gouvernement libanais et du Hezbollah lui-même. Il a rappelé que « le Liban, après le cessez-le-feu de l'année dernière, était en train de redresser la tête », mais a critiqué les retards dans la mise en œuvre de l'accord, notamment concernant « le désarmement du Hezbollah ». Il a décrit cette milice comme « une variable d'ajustement de la politique iranienne » qui a profité de la situation pour intensifier ses attaques contre Israël.
Une France jugée trop passive sur la scène internationale
Dans un contexte de préparation à une éventuelle candidature présidentielle l'an prochain, Dominique de Villepin a vivement critiqué l'action de la France au Moyen-Orient. Il estime que Paris n'est « pas assez active » pour mobiliser l'Union européenne sur le dossier libanais et sur le conflit régional plus large.
« La France est en train de rater le coche, de rater l'Histoire », a-t-il déploré. En contraste, il a salué l'action du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, qui « sauve l'honneur de l'Europe » en refusant que les États-Unis utilisent les bases militaires espagnoles pour attaquer l'Iran. Cette déclaration souligne le fossé perçu par Villepin entre l'ambition diplomatique française traditionnelle et sa réalité actuelle.



