Trump attaque Meloni sur Truth Social : l'Italie choisit la retenue
Trump attaque Meloni sur Truth Social : l'Italie ne répond pas

Dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 juillet, Donald Trump a utilisé son réseau social Truth Social pour viser publiquement la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Le président américain a partagé une photo retouchée de la dirigeante italienne le regardant avec admiration, accompagnée de la légende en lettres capitales : « Restraining order needed », soit « ordonnance d'éloignement nécessaire ». Cette attaque, pour le moins inhabituelle entre alliés, survient deux jours avant le sommet de l'Otan à Ankara.

La consigne : ne pas répondre

À Rome, la consigne a été rapidement fixée : ne pas répondre. Giorgia Meloni s'est gardée de toute réaction. Antonio Tajani, vice-président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, a estimé sur Sky TG24 que les propos de Donald Trump « se passent de commentaire ». Il a ajouté que l'Italie ne répondrait pas « à ce type de propos » et qu'elle préférait « passer à autre chose », les relations transatlantiques allant, selon lui, « bien au-delà des déclarations individuelles ». Le ministre de la Défense Guido Crosetto a tenu la même ligne : « L'essentiel est de préserver les relations » avec les États-Unis. L'Italie a vu, l'Italie n'apprécie pas, l'Italie ne répond pas.

Une amitié « plus forte que n'importe quelle polémique »

Cette retenue s'explique aussi par le contexte. En juin, après le sommet du G7, Donald Trump avait déjà affirmé que Giorgia Meloni l'avait « suppliée » de poser avec lui pour une photo. La dirigeante italienne avait démenti sèchement, qualifiant ces déclarations de « totalement inventées ». Elle avait surtout ajouté une phrase immédiatement reprise dans la presse italienne : « Moi et l'Italie, nous n'implorons jamais ». Depuis cet échange, les deux capitales tentent de limiter les dégâts. Rome n'a pas rompu le contact avec Washington. Plusieurs membres du gouvernement italien se sont rendus aux célébrations organisées par l'ambassade américaine pour la fête nationale des États-Unis. Giorgia Meloni n'y était pas, mais sa sœur Arianna, figure influente de Fratelli d'Italia, avait fait le déplacement. Antonio Tajani y a rappelé que l'amitié entre l'Italie et les États-Unis est « plus forte que n'importe quelle polémique ». Côté américain, l'ambassadeur Tilman Fertitta a lui aussi assuré que les relations italo-américaines étaient excellentes. Tout le monde tient à dire que tout va bien.

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Relations utiles

Car Giorgia Meloni n'a aucun intérêt à ouvrir une crise frontale avec Washington. Les États-Unis sont le premier partenaire commercial de l'Italie hors Union européenne, avec des échanges qui ont dépassé les 110 milliards d'euros l'an dernier. La péninsule accueille encore environ 13 000 soldats américains, et son industrie de défense reste fortement liée aux partenariats avec les États-Unis. L'atlantisme italien n'est donc pas seulement une préférence politique. C'est une réalité économique, militaire et stratégique, ce qui est beaucoup plus difficile à ignorer qu'un post de Donald Trump.

Réactions politiques en Italie

En Italie, les réactions politiques à la dernière provocation du président américain ont malgré cela été rapides. Carlo Calenda, chef du parti centriste Azione, a dénoncé sur X un « ignoble voyou de pacotille » et exprimé sa solidarité avec la présidente du Conseil. La presse italienne a, elle aussi, répondu à sa manière. Il Foglio a publié une Une montrant Donald Trump avec Vladimir Poutine, accompagnée de la même légende : « Restraining order needed ».

Un équilibre délicat pour Meloni

Mais l'épisode oblige tout de même Giorgia Meloni à ajuster sa position. Jusqu'à récemment, celle-ci pouvait être présentée comme l'une des dirigeantes européennes les plus proches du président américain. Elle avait d'ailleurs été la seule dirigeante européenne présente à son investiture en 2025. Cette proximité, utile sur la scène internationale, devient forcément plus délicate lorsque le désaccord devient séquence personnelle. La cheffe du gouvernement italien doit donc préserver la relation américaine sans donner l'impression d'accepter n'importe quel traitement. Une ligne étroite, d'autant plus si l'autre partie publie en lettres majuscules.

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