La Première ministre japonaise Sanae Takaichi célèbre une victoire électorale écrasante et renforce les liens avec les États-Unis
La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a exprimé sa gratitude envers le président américain Donald Trump pour son soutien, suite à la victoire retentissante de son parti aux élections législatives anticipées du 8 février 2026. Dans un message publié sur X, elle a déclaré : « J’ai hâte de me rendre à la Maison Blanche ce printemps et de poursuivre notre travail commun afin de renforcer encore l’alliance nippo-américaine ». Elle a souligné que ce partenariat est « fondé sur une confiance profonde et une coopération étroite et solide », ajoutant que « le potentiel de notre alliance est sans limite ».
Les réactions internationales et les projections électorales
Dimanche soir, Donald Trump a salué « l’écrasante victoire » de Sanae Takaichi, lui souhaitant un « grand succès » dans la mise en œuvre de son programme ultra-conservateur, axé sur la paix par la force. Sur son réseau Truth Social, il a écrit : « Sanae : c’était un honneur pour moi de vous soutenir ainsi que votre coalition ». Plus tôt dans la journée, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, avait applaudi cette « grande victoire », la qualifiant de « grande alliée » des États-Unis, et affirmant sur Fox News : « Et lorsque le Japon est fort, les États-Unis sont forts en Asie ».
Selon les premières estimations des médias japonais, le Parti libéral-démocrate (PLD) de Mme Takaichi, associé à son allié le Parti japonais de l’innovation (Ishin), devrait reconquérir une écrasante majorité à la Chambre basse du Parlement. La chaîne publique NHK projette même qu’ils obtiendraient la majorité des deux tiers, ce qui représenterait le meilleur résultat pour le PLD depuis 2017, sous la direction de Shinzo Abe, mentor de Mme Takaichi. Le parti pourrait remporter plus de 300 des 465 sièges, retrouvant ainsi la majorité absolue perdue en 2024. Les résultats officiels sont attendus lundi.
Les implications politiques et économiques
Shunichi Suzuki, secrétaire général du PLD, a déclaré que les électeurs ont soutenu « les politiques budgétaires responsables et proactives de la première ministre, ainsi que le renforcement des capacités de défense nationale ». Mme Takaichi a promis de mener une politique budgétaire « responsable » et de « construire une économie forte et résiliente », annonçant un plan de relance de plus de 110 milliards d’euros et l’exemption des produits alimentaires de la taxe à la consommation de 8% pour atténuer l’impact de l’inflation.
L’inflation, supérieure à 2% depuis près de trois ans, reste une préoccupation majeure. Mme Takaichi a également semé le trouble en vantant les avantages d’un yen faible, malgré les interventions de Tokyo pour soutenir la devise. Elle a redonné un élan au PLD, après une perte de popularité due à l’inflation et à un scandale de « caisses noires », s’engageant à « pousser le bouton de la croissance ».
Les enjeux de l’immigration et les tensions régionales
Sur l’immigration, Mme Takaichi a affirmé que les critères « sont déjà devenus un peu plus stricts, afin que les terroristes, mais aussi les espions industriels, ne puissent pas entrer facilement ». Le scrutin a été suivi de près à Pékin, car les tensions sino-japonaises se sont accentuées depuis que Mme Takaichi a évoqué en novembre dernier une possible intervention militaire en cas d’attaque contre Taïwan.
Lundi matin, la bourse de Tokyo a ouvert en forte hausse, reflétant l’optimisme des marchés face aux promesses de relance budgétaire et d’allègement fiscal. Mme Takaichi, très populaire notamment auprès des jeunes et sur les réseaux sociaux, a déclenché cette campagne éclair de seize jours après avoir dissous la Chambre basse le 19 janvier, en demandant aux électeurs : « Takaichi est-elle apte à être première ministre ? J’ai voulu laisser le peuple souverain décider ».
Cette victoire marque un tournant pour le Japon, avec une alliance renforcée avec les États-Unis et des défis économiques et sécuritaires à relever.