Une alliance stratégique contre le crime organisé
Le président équatorien Daniel Noboa a dévoilé une initiative majeure de coopération internationale pour lutter contre les réseaux criminels qui déstabilisent son pays. Lors d'une annonce sur le réseau social X, le chef de l'État a confirmé le lancement d'opérations anti-drogue « conjointes » avec les États-Unis et d'autres « alliés de la région », marquant ce qu'il qualifie de « nouvelle phase » dans la bataille contre le narcoterrorisme.
Des détails opérationnels encore flous
Si l'annonce présidentielle précise le cadre général de cette collaboration, plusieurs éléments cruciaux restent dans l'ombre. Les autorités n'ont pas clarifié si ces actions incluront le déploiement de troupes américaines sur le sol équatorien, ni quels pays participeront exactement à cette coalition régionale. Cette opacité stratégique soulève des questions sur la nature exacte de l'engagement international dans ce conflit contre le crime organisé.
Rencontres diplomatiques et coordination militaire
Cette annonce fait suite à une rencontre cruciale à Quito, où Daniel Noboa a reçu Francis L. Donovan, commandant du Southcom (Commandement militaire américain pour l'Amérique latine et les Caraïbes), accompagné du contre-amiral Mark A. Schafer, responsable des opérations spéciales de cette même entité. Selon le communiqué officiel de la présidence équatorienne, les discussions ont porté sur des projets concrets d'« échange d'informations et de coordination opérationnelle », particulièrement dans les infrastructures portuaires et aéroportuaires, points névralgiques du trafic de stupéfiants.
Contexte régional explosif
Cette offensive annoncée survient dans un climat de violence exacerbée, une semaine seulement après la mort d'« El Mencho », chef emblématique du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), abattu par l'armée mexicaine. Ce narcotrafiquant était considéré comme le principal partenaire des mafias équatoriennes dans la région, illustrant l'interconnexion des réseaux criminels transnationaux.
La situation géographique de l'Équateur en fait une plaque tournante stratégique : environ 70 % des drogues transitant par le pays proviennent de ses voisins, la Colombie au nord et le Pérou au sud, les deux plus grands producteurs mondiaux de cocaïne. Autrefois perçu comme un havre de paix, le pays et ses ports pacifiques sont aujourd'hui déchirés par des guerres entre gangs qui ont fait exploser les taux d'homicides.
Mesures d'urgence nationales
Parallèlement à cette coopération internationale, le gouvernement Noboa a décrété des mesures de sécurité intérieure drastiques. Un couvre-feu sera instauré du 15 au 30 mars dans quatre des vingt-quatre provinces les plus touchées par les violences : Guayas (dont la capitale est le port stratégique de Guayaquil), Los Rios, Santo Domingo de los Tsachilas et El Oro.
Le ministre de l'Intérieur, John Reimberg, a justifié ces restrictions en des termes sans équivoque, déclarant aux médias à l'issue d'une cérémonie de remise de diplômes à des policiers : « Nous sommes en guerre ». Il a explicitement invité les habitants de ces régions à respecter le couvre-feu et à rester chez eux pendant cette période critique.
Cette double approche – coopération internationale renforcée et mesures de sécurité intérieure strictes – reflète la détermination du gouvernement équatorien à reprendre le contrôle de territoires tombés sous l'influence des cartels, avec l'objectif affiché de « parvenir à la paix dans chaque recoin du pays ».



