Marco Rubio, le "vice-roi" de la politique américaine en Amérique latine
Marco Rubio, le "vice-roi" américain en Amérique latine

Marco Rubio, l'architecte de la politique latino-américaine de Trump

Certains observateurs n'hésitent pas à le surnommer le "vice-roi de Cuba", en référence à l'époque coloniale où l'empire espagnol était divisé en vice-royautés. Cette comparaison, bien qu'exagérée, souligne l'influence considérable qu'exerce aujourd'hui le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, sur la politique de Washington en Amérique latine.

Une ascension fulgurante au sein de l'administration Trump

Ces derniers mois, Marco Rubio a progressivement éclipsé le vice-président J.D. Vance, au point de ressembler davantage à un vice-président qu'à un simple ministre des Affaires étrangères. Depuis la capture spectaculaire du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas le 3 janvier et son transfert vers une prison new-yorkaise, Rubio est devenu le visage le plus visible de la diplomatie trumpienne.

Cette position dominante est d'autant plus remarquable que Rubio s'était violemment opposé à Donald Trump lors des primaires républicaines il y a une décennie. Aujourd'hui en odeur de sainteté, il a été le seul membre du cabinet cité par Trump lors de son discours sur l'état de l'Union le 24 février.

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La doctrine "Donroe" : une vision impériale de l'Amérique latine

Le chef de la diplomatie américaine s'est rendu indispensable en devenant la cheville ouvrière de la doctrine "Donroe", contraction des noms "Donald" et "Monroe". Cette approche constitue un succédané moderne de la doctrine Monroe du XIXe siècle, selon laquelle la mer des Caraïbes, le golfe du Mexique et l'ensemble de l'Amérique latine représentent l'"arrière-cour" des États-Unis.

Marco Rubio, qui connaît Cuba mieux que la plupart de ses conseillers, a supervisé plusieurs initiatives majeures :

  • L'éviction des sociétés portuaires hongkongaises aux deux entrées du canal de Panama
  • Le retour des géants pétroliers américains Chevron et ExxonMobil au Venezuela
  • Le renforcement de l'embargo pétrolier contre Cuba

Les ambitions américaines sur Cuba

Ces actions sont présentées par l'administration Trump comme des succès éclatants, contrastant avec les difficultés rencontrées dans le dossier iranien. Le président américain a d'ailleurs exprimé ouvertement ses ambitions concernant Cuba : "Je pense que j'aurai l'honneur de m'emparer de Cuba", a déclaré Donald Trump le 16 mars, décrivant une île "sans argent, sans pétrole, sans rien" mais "magnifique".

Le lendemain, il a même prédit : "Cuba va tomber très prochainement". Ces déclarations illustrent la vision expansionniste que Marco Rubio contribue à mettre en œuvre, faisant de lui le véritable pilote de la politique américaine dans cette région stratégique située à seulement 150 kilomètres des côtes de la Floride.

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