Le 23 juin 2026, les cendres de Marc Bloch (1886-1944) seront transférées au Panthéon, aux côtés de celles de son épouse Simonne Vidal. Cette cérémonie honore un historien éminent du XXe siècle, cofondateur de l'école des Annales avec Lucien Febvre, et un héros de la Résistance mort en martyr à 57 ans. Mais elle vise aussi à mettre un terme à une offense faite à sa mémoire depuis la fin des années 1990 : son enrôlement forcé sous une bannière politique qui n'est pas la sienne.
Un intellectuel révolutionnaire dans l'étude de l'histoire
Marc Bloch a bouleversé la science historique en fondant l'école des Annales, qui privilégie une approche globale et interdisciplinaire, loin des récits événementiels traditionnels. Son œuvre majeure, « L'Étrange Défaite », analyse la débâcle de 1940 et dénonce les faiblesses de la société française. Selon l'article de François Reynaert, cette œuvre est souvent citée de manière tronquée par des souverainistes marqués à droite, qui ont tenté de s'approprier l'héritage de Bloch.
Une récupération politique contestée
À la fin des années 1990, un groupe de souverainistes a créé une fondation portant le nom de Marc Bloch, tentant de l'associer à leurs idées. Le détournement d'une citation de « L'Étrange Défaite » — « Il est… » — a été utilisé hors contexte pour servir un discours nationaliste. Reynaert souligne que Bloch, par sa vie et son œuvre, est l'exact contraire d'une icône réactionnaire : il était un intellectuel de gauche, juif, résistant, et profondément attaché aux valeurs républicaines.
Un martyr de la Résistance
Arrêté par la Gestapo en 1944, Marc Bloch a été fusillé après avoir refusé de collaborer. Son engagement dans la Résistance, aux côtés de ses convictions scientifiques, en fait un symbole de l'intellectuel engagé. L'entrée au Panthéon, selon l'article, est une reconnaissance tardive mais nécessaire pour rétablir la vérité historique et rendre hommage à son courage.
Une cérémonie pour clore les controverses
La cérémonie du 23 juin, organisée par l'État, vise à réaffirmer la place de Marc Bloch comme un « grand homme » au service de la patrie, conformément à l'inscription du Panthéon. Reynaert espère que cet événement permettra d'en finir avec les contresens et les récupérations politiques qui ont entaché sa mémoire. Bloch reste, par son œuvre et son sacrifice, un modèle d'intégrité intellectuelle et de résistance contre l'oppression.



