La France a décidé d'expulser deux diplomates iraniens « dans les tout prochains jours », a annoncé mardi 18 août le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans une interview exclusive au groupe Centre-France. Cette décision fait suite à « l'agression extrêmement grave » commise par les services de sécurité iraniens contre deux agents de l'ambassade de France à Téhéran, le 19 juillet dernier, en violation flagrante du droit international.
Une réponse à une agression jugée « intolérable »
Le Quai d'Orsay a précisé que Jean-Noël Barrot a décidé de déclarer persona non grata deux agents de l'ambassade d'Iran en France. Cette mesure a été « notifiée à l'ambassadeur de la République islamique d'Iran », qui a été convoqué mardi au ministère des Affaires étrangères. Le ministre a également réagi sur le réseau social X, écrivant : « J'avais annoncé que cet acte intolérable serait suivi de conséquences. C'est fait. Deux diplomates iraniens en France seront expulsés dans les tout prochains jours ».
L'annonce intervient alors que Téhéran avait interdit lundi à deux membres de l'ambassade de France de revenir dans le pays, leur reprochant d'avoir enfreint la Convention de Vienne qui réglemente les activités des missions diplomatiques. Le mois dernier, Jean-Noël Barrot avait reproché à l'Iran d'avoir détenu sans raison deux agents de l'ambassade de France et d'avoir molesté l'un d'entre eux. Un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères avait alors démenti toute maltraitance.
Le peuple iranien, victime de la tension régionale
Dans son message sur X, Jean-Noël Barrot a ajouté : « C'est précisément parce que la France se tient aux côtés du peuple iranien […] que deux diplomates français ont été scandaleusement et délibérément agressés le 19 juillet dernier ». Il a également souligné que « le peuple iranien, un grand peuple, est la principale victime de cette période d'extrême tension au Moyen-Orient, pris en étau entre la répression sanglante des manifestations de janvier 2026 et les bombardements ».
Cette expulsion constitue une escalade diplomatique notable entre Paris et Téhéran. Elle intervient dans un contexte de tensions régionales accrues, où la France affirme soutenir le peuple iranien face à la répression et aux violences. La décision française vise à marquer sa détermination à protéger ses diplomates et à faire respecter le droit international.
Des conséquences concrètes pour les relations bilatérales
La convocation de l'ambassadeur iranien et la déclaration de persona non grata de deux de ses agents constituent une réponse ferme à une atteinte jugée inacceptable. Le ministère des Affaires étrangères a souligné que cette décision s'inscrit dans le cadre de la défense des intérêts diplomatiques de la France et de la protection de ses personnels à l'étranger.
Cette mesure pourrait entraîner de nouvelles tensions dans les relations déjà tendues entre les deux pays, alors que la France continue de dénoncer les violations des droits de l'homme en Iran et de soutenir les aspirations du peuple iranien. Les prochains jours verront l'application effective de ces expulsions, marquant un nouveau chapitre dans ce différend diplomatique.



