Le chancelier allemand Friedrich Merz se prépare minutieusement à son premier voyage en Chine
Friedrich Merz se prépare à son premier voyage en Chine

Des voitures neuves en provenance de Chine, au port JadeWeserPort, en Basse-Saxe, le 25 mars 2025. HAUKE-CHRISTIAN DITTRICH/PICTURE ALLIANCE VIA GETTY IMAGES. Pour préparer son premier voyage en Chine, prévu les mercredi 25 et jeudi 26 février, le chancelier allemand Friedrich Merz a invité, mardi 17 février, quelques-uns des grands connaisseurs allemands de la République populaire de Chine.

Une préparation minutieuse pour un voyage crucial

Jörg Wuttke, qui fut représentant du géant de la chimie BASF en Chine entre 1997 et 2024, puis président de la chambre européenne de commerce à Pékin, était présent lors de cette réunion préparatoire. « Le chancelier voulait savoir comment créer un lien personnel avec les responsables chinois. Il se prépare à ce voyage avec beaucoup de soin. Il est allé une seule fois en Chine, il y a vingt ans, il n’a donc pas de connaissance intime du pays », raconte-t-il au Monde.

Une délégation d'entrepreneurs et un itinéraire stratégique

Friedrich Merz voyagera avec une délégation d'une trentaine de chefs d'entreprise, ce qui souligne l'importance économique de cette mission. Il se rendra d'abord à Pékin, la capitale politique, puis à Hangzhou, un pôle majeur de la robotique humanoïde en Chine. Cette étape à Hangzhou met en lumière les intérêts technologiques et industriels de l'Allemagne dans ce secteur en pleine expansion.

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Un contexte économique en pleine transformation

La relative inexpérience du chancelier sur la question chinoise pourrait compliquer les discussions, alors que les avis divergent en Allemagne sur la meilleure façon de répondre au basculement historique des relations économiques entre les deux pays. Le rapport de complémentarité, qui avait caractérisé les échanges entre l'Allemagne et la Chine pendant deux décennies, n'a plus cours aujourd'hui.

La fin d'une ère de prospérité

La forte demande chinoise en produits chimiques, véhicules et biens d'équipement fabriqués en Allemagne, qui avait permis le développement industriel de la Chine et offert à l'Allemagne une insolente prospérité dans les années 2010, a pris fin. « Nous vivons un sevrage brutal », tranche Jörg Wuttke, soulignant ainsi la rupture dans les dynamiques commerciales traditionnelles.

Cette situation intervient dans un contexte où le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan propose un droit de douane européen global de 30 % face au « rouleau compresseur chinois », illustrant les tensions croissantes et les défis auxquels l'Europe doit faire face dans ses relations économiques avec la Chine. Le voyage de Friedrich Merz représente donc un moment clé pour tenter de redéfinir ces relations dans un environnement économique en mutation rapide.

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