Affaire Epstein: un diplomate français au cœur des révélations
Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, s'est déclaré ce mercredi 11 février "effaré" et "indigné" après la mise en cause d'un diplomate français dans les fichiers liés à l'affaire Epstein. Invité sur RTL, le chef de la diplomatie a réagi avec fermeté aux révélations concernant Fabrice Aidan, dont le nom apparaît à plusieurs reprises dans les documents dévoilés.
Une situation d'une "très grande gravité"
Jean-Noël Barrot a souligné la gravité exceptionnelle des faits allégués, tout en défendant le professionnalisme des agents du ministère des Affaires étrangères. "Les faits qui sont allégués sont d'une très grande gravité, mais je vous interdis de laisser entendre que ça éclabousserait les agents du ministère des Affaires étrangères dont je veux saluer le professionnalisme et l'engagement", a-t-il martelé lors de son intervention médiatique.
Le ministre a précisé qu'il avait découvert cette situation mardi, et qu'elle le "indigne personnellement". En réponse, il a annoncé avoir saisi la justice et lancé une enquête administrative ainsi qu'une procédure disciplinaire concernant Fabrice Aidan.
Les accusations contre Fabrice Aidan
Fabrice Aidan est accusé d'avoir transmis des documents de travail confidentiels à Jeffrey Epstein. Selon les informations révélées, des courriels officiels étaient parfois transférés au financier américain moins de 24 heures après leur réception. "C'est effarant", a concédé Jean-Noël Barrot sur RTL, reconnaissant la gravité des agissements présumés.
Le ministre a également élargi la perspective en évoquant l'ensemble des fuites de courriels liées à l'affaire Epstein, qui "soulèvent des soupçons très graves impliquant des ressortissants américains, européens et français". Il a précisé que ces soupçons concernent notamment :
- Des violences sexuelles
- Des malversations financières
- Des tentatives d'influence et d'interférence dans la vie politique de pays européens, y compris potentiellement en France
D'autres cas potentiels dans la diplomatie française
Interrogé sur la possibilité que d'autres diplomates français soient impliqués dans des fuites similaires, Jean-Noël Barrot a adopté une position prudente mais transparente. "Je ne peux pas l'exclure", a-t-il reconnu, ajoutant que "des noms de diplomates semblent apparaître dans les documents sans que je puisse en attirer des conclusions".
Cette déclaration souligne l'incertitude qui plane sur l'étendue réelle des implications françaises dans cette affaire internationale, alors que les révélations continuent d'affluer par "centaines de milliers et par millions" de documents selon les termes du ministre.
La réaction rapide du gouvernement français, avec le lancement simultané d'une enquête administrative, d'une procédure disciplinaire et d'une saisine judiciaire, témoigne de la volonté des autorités de faire toute la lumière sur cette implication inattendue d'un représentant diplomatique dans l'un des scandales les plus médiatisés de la décennie.



