La chronique de Pierre Haski : la diplomatie selon Trump au Proche-Orient
Publié le 17 février 2026, cette analyse percutante de Pierre Haski interroge les fondements de la politique étrangère américaine sous l'administration Trump. Qui peut encore croire que la négation persistante et de plus en plus assumée des droits d'un peuple ne produira que des tragédies futures ? Cette question, qui pourrait s'appliquer aux territoires palestiniens, sert de fil conducteur à une critique acerbe des récentes initiatives diplomatiques.
Un plan de paix qui avance malgré les critiques
D'un côté, le plan Trump suit son cours avec une détermination qui ignore les réserves internationales. Le Conseil de la Paix, lancé officiellement par le président américain lors du Forum de Davos en janvier, s'apprête à entrer en vigueur. Cette initiative, portée sur les fonts baptismaux dans le cadre prestigieux de Davos, progresse malgré les critiques acerbes, notamment des Européens qui maintiennent une distance prudente.
Parallèlement, des développements concrets semblent indiquer une avancée : l'Indonésie pourrait fournir plusieurs milliers d'hommes à la force internationale censée se déployer à Gaza avec pour mission de désarmer le Hamas. De plus, le poste-frontière de Rafah, situé entre Gaza et l'Égypte, a entrouvert ses portes, offrant une lueur d'espoir pour la circulation des biens et des personnes.
Une apparence trompeuse qui cache des réalités tragiques
Cependant, cette apparence de progrès dissimule mal un plan profondément bancal et des réalités tragiques sur le terrain. Le cessez-le-feu, présenté comme une avancée majeure, a paradoxalement fait plus de 500 morts depuis son entrée en vigueur en octobre dernier. Ce bilan macabre souligne l'inefficacité criante des mesures mises en place et remet en question leur légitimité.
Les conditions de vie dans les territoires palestiniens restent extrêmement précaires, une situation qui ne risque pas de s'améliorer avec la décision récente d'Israël. En effet, les autorités israéliennes ont interdit l'accès à 37 organisations non gouvernementales, dont Médecins sans Frontières, privant ainsi les populations vulnérables de soins essentiels et d'aide humanitaire cruciale.
Cette analyse révèle ainsi un décalage inquiétant entre les déclarations officielles et les réalités sur le terrain, où la diplomatie selon Trump semble se résumer à ne pas résoudre une crise tout en revendiquant de l'avoir fait.



