Le ministre des Affaires étrangères en contact direct avec les ex-détenus français en Iran
Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé samedi 7 mars s'être entretenu avec Cécile Kohler et Jacques Paris, les deux Français libérés de détention en novembre dernier mais toujours assignés à l'ambassade de France à Téhéran. Cette capitale iranienne subit depuis une semaine des frappes américano-israéliennes intensives, créant un contexte sécuritaire extrêmement dégradé.
Un courage extraordinaire face à une épreuve prolongée
Sur France 5, le ministre a déclaré : « Je me suis entretenu aujourd'hui avec eux. Ils traversent une épreuve très difficile et ils font preuve, comme depuis bientôt quatre ans, d'un courage extraordinaire ». Il a immédiatement ajouté : « Nous allons continuer de tout faire pour obtenir leur retour en France immédiat et leur libération définitive », précisant avoir transmis des messages en ce sens à son homologue iranien.
Cette communication intervient après un entretien, mercredi dernier, entre M. Barrot et le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi. Les discussions diplomatiques se poursuivent donc activement pour résoudre cette situation humanitaire complexe.
Pas d'évacuation prévue pour le personnel diplomatique
Interrogé sur une éventuelle évacuation de l'ambassade de France face aux bombardements, Jean-Noël Barrot a catégoriquement écarté cette hypothèse. Il a souligné : « Le personnel diplomatique présent à Téhéran mène sa mission dans un contexte très dégradé, en faisant preuve de beaucoup de dévouement. Et une partie de la mission, c'est précisément d'assurer la sécurité de Cécile Kohler et Jacques Paris. Ils continueront d'appliquer leur mission. C'est leur honneur ».
Cette position ferme répond aux inquiétudes exprimées mardi par les familles des deux Français, qui s'étaient dites « très inquiets » face aux nombreux bombardements frappant la capitale iranienne.
Un parcours judiciaire et diplomatique complexe
Le dossier de Cécile Kohler et Jacques Paris présente plusieurs dimensions :
- Après plus de trois ans de détention en Iran, ils ont été condamnés en octobre dernier respectivement à 20 et 17 ans de prison pour espionnage au profit notamment d'Israël.
- Libérés début novembre, ils restent interdits de quitter le territoire iranien et sont hébergés à l'ambassade de France à Téhéran.
- Ils attendent un potentiel échange avec Mahdieh Esfandiari, une ressortissante iranienne que la justice française a condamnée le 26 février à un an de prison ferme.
Ce scénario de troc diplomatique reste donc à l'étude, tandis que les bombardements sur Téhéran ajoutent une urgence sécuritaire supplémentaire à cette affaire déjà sensible. La détermination affichée par le ministre Barrot témoigne de la priorité accordée par la France au retour de ses ressortissants, dans un contexte international particulièrement tendu.



