Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a réaffirmé jeudi sa volonté d'aider l'Ukraine tout en refusant d'engager des fonds publics français dans le prêt massif prévu par Bruxelles. Possible candidat à l'Élysée et favori des sondages, il souhaite soutenir Kiev sans lui envoyer l'argent que la France n'a pas, alors que la Commission européenne s'apprête à débloquer la première tranche de son prêt géant à l'Ukraine.
Un prêt européen de 90 milliards d'euros
Ce premier versement d'un peu plus de 3 milliards d'euros doit intervenir mi-juin, a fait savoir la Commission européenne mercredi. Au total, 90 milliards d'euros seront ainsi attribués à l'Ukraine d'ici 2027, pour ses fournitures d'armes et ses besoins budgétaires courants. Jordan Bardella qualifie ce modèle de « pas tenable ».
Des critiques sur le financement
Dans un entretien au journal Le Point, Bardella déclare que « ce nouvel engagement financier n'est pas financé et ne le sera pas, parce que jamais l'Ukraine ne sera en mesure de rembourser ce prêt ». Selon lui, la France devra contribuer à hauteur de 18 milliards d'euros sur deux ans. Il s'interroge sur la capacité de la France à financer cette aide compte tenu de ses déficits budgétaires, et insiste : « La spécialité de la France, c'est de dépenser l'argent qu'elle n'a pas. Ce modèle n'est pas tenable. »
Une position nuancée sur l'aide à Kiev
Le président du RN résume sa position : « Aider l'Ukraine, oui, mais nous ne souhaitons pas envoyer en Ukraine l'argent que la France n'a pas et qui manque cruellement pour financer sa propre économie. » Il ne précise pas quelle forme prendrait l'aide accordée à Kiev si le RN accédait au pouvoir l'an prochain. Il ajoute que si certains États européens souhaitent envoyer des armes et des fonds à l'Ukraine, c'est leur liberté, mais que lorsque cette aide est gagée sur le budget européen, la question se pose. Il pointe également « le niveau de corruption abyssal du régime ukrainien ».
Un appel à la négociation
Toujours soucieux que le soutien à l'Ukraine n'entraîne pas une guerre larvée avec la Russie, bien qu'il continue de condamner la violation de l'intégrité territoriale de l'Ukraine par Moscou, Jordan Bardella appelle surtout à négocier au plus vite une paix qui permette à l'Ukraine d'obtenir des garanties de sécurité.



