Procès du calvaire de Laëtitia : indignation et mobilisation à Digne-les-Bains
Procès de Laëtitia : indignation et mobilisation à Digne

Un procès qui bouleverse la ville de Digne-les-Bains

Depuis lundi, l'ancien directeur d'une agence bancaire est jugé devant la cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence. Guillaume B est accusé de « proxénétisme aggravé », « viols aggravés » et « actes de torture et de barbarie » sur son ex-compagne, Laëtitia. Les faits se seraient déroulés entre 2015 et 2022 : il l'aurait frappée, violée et contrainte à se prostituer auprès de centaines d'inconnus.

La stupeur des habitants

Dans les rues de Digne, les habitants suivent l'affaire des « viols de Manosque » avec attention. Maryse et Mireille, deux Dignoises, expriment leur émotion. « Pendant 7 ans, un homme a torturé une femme. Ce qui me fait de la peine, c'est qu'il n'y ait pas quelqu'un qui a entendu quelque chose et qui a eu le courage de le dire », s'insurge Maryse. Mireille ajoute que « l'on ne peut pas être indifférent au malheur des autres ».

Certains s'interrogent sur les possibilités d'évasion de la victime. « Pendant tout ce temps, est-ce qu'elle n'a pas eu la possibilité de s'échapper, de prévenir quelqu'un ? » s'étonne Maryse. Une autre habitante, sous couvert d'anonymat, répond : « Moi, je pense qu'elle a eu peur de son mec… »

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Un appel à une peine exemplaire

Pour les locaux, si les faits sont avérés, la sanction doit être à la hauteur de la monstruosité du dossier. Nathalie, gérante d'un bar, déclare : « C'est une honte. J'espère qu'il prendra perpétuité… » Elle salue également la présence des militantes féministes devant le palais de justice : « C'est très bien qu'elles soient là. »

La mobilisation féministe

Des pancartes du collectif « 8 mars toute l'année » affichent des messages de soutien : « La honte a changé de camp », « On te croit Laëtitia », « La justice doit être à la hauteur ». Chaque jour, le comité de soutien, majoritairement féminin, assiste au procès. Léa, une membre du collectif, explique : « On est là pour soutenir Laëtitia aussi bien en salle d'audience où l'on entend des atrocités, que dans ses entrées et sorties du tribunal, pour qu'elle sache qu'on la croit et qu'elle n'est pas seule. »

Un procès révélateur des violences en zone rurale

Pour les militantes, ce procès met en lumière les difficultés spécifiques des femmes victimes de violences en milieu rural. Léa rappelle que « 50 % des féminicides ont lieu en zone rurale », soulignant l'isolement social et le manque d'associations. Jeanne, une autre militante, note que « très récemment, le planning familial a rouvert dans les Alpes-de-Haute-Provence après dix ans d'absence ».

Un message d'espoir pour les autres victimes

La mobilisation en soutien à Laëtitia R. se veut aussi un message d'espoir et de courage. Léa reconnaît que « c'est un acte très courageux d'avoir levé le huis clos ». Le collectif espère « que son histoire pourra faire écho chez d'autres femmes victimes de violences ».

Un combat nécessaire face à la récurrence de tels dossiers : les 28 et 29 mai, devant la cour criminelle des Alpes-de-Haute-Provence, se tiendra le procès - à huis clos cette fois - d'un homme soupçonné d'avoir simulé des cambriolages à son domicile de Marcoux, un petit village du département. En juin 2024, il avait fait irruption chez lui, le visage dissimulé par une cagoule, avait sorti sa femme de la douche avant de la ligoter et de la violer.

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