La Suisse revoit sa commande de F-35 à la baisse après des surcoûts américains
Le bon élève suisse aura payé au prix fort sa fascination pour les États-Unis. La commande passée en 2021 de 36 F-35, les avions de combat furtifs conçus par Lockheed Martin, a viré à une affaire d'État majeure. En cause, des dépassements budgétaires exorbitants et l'imprévisibilité de l'allié américain, qui ont contraint Berne à revoir sa stratégie de défense.
Des coûts explosifs et une dépendance problématique
L'été dernier, l'administration Trump a notifié un surcoût de près de 1 milliard d'euros pour la livraison des F-35, une facture bien lourde pour un pays comme la Suisse. Cette nation, amenée à mener essentiellement des missions de surveillance et de police du ciel au nom de sa neutralité historique, se retrouve confrontée à une ardoise financière imprévue. Cette situation illustre les risques de dépendance technologique et budgétaire envers les États-Unis, un enjeu que les experts dénoncent régulièrement.
Une décision du Conseil fédéral pour limiter les dégâts
Face à cette impasse, le Conseil fédéral suisse est revenu sur sa position initiale ce 6 mars. Seuls 30 F-35 seront finalement commandés, soit une réduction significative de six appareils par rapport au plan original. Cependant, cette révision ne suffit pas à effacer tous les surcoûts : un crédit supplémentaire de 394 millions de francs suisses, équivalant à 438 millions d'euros, sera néanmoins requis pour finaliser l'acquisition.
Cette décision marque un tournant dans la politique de défense helvétique, mettant en lumière les défis liés aux achats d'équipements militaires haut de gamme. Les implications stratégiques et financières de ce revirement continueront d'alimenter les débats parlementaires et publics dans les mois à venir.



