L’Allemagne réarme et les Français s’en inquiètent, alors que, hier encore, ils critiquaient la frilosité militaire de leur voisin. Entre Paris et Berlin, les rôles semblent même désormais inversés, quand on entend le ministre allemand des affaires étrangères Johann Wadephul (CDU), lors de la récente conférence sur la sécurité de Munich : « Les efforts déployés jusqu’à présent en République française sont insuffisants. » Diable ! Ou plutôt Donnerwetter, comme on dit à Berlin.
Un changement spectaculaire outre-Rhin
Outre-Rhin, le changement est spectaculaire. « La Zeitenwende [changement d’époque] annoncée par l’ancien chancelier Olaf Scholz en 2022 passe à la vitesse supérieure », constate Johanna Möhring dans une note de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Pour sa défense, l’Allemagne a desserré les cordons de la bourse et celle-ci était pleine à craquer. Les chiffres donnent presque le tournis. Entre 2015 et 2030, les crédits militaires auront été plus que quadruplés, passant de 35 à 160 milliards par an. L’objectif affiché par le chancelier Friedrich Merz est de faire de la Bundeswehr « la première armée conventionnelle d’Europe ».


