Opération Shakti : Canet transformé en zone de combat pour un exercice militaire
Opération Shakti : Canet en zone de combat

Ce mardi, Canet s'est transformée en zone de combat avec 600 militaires en treillis, des rafales à blanc et des drones. L'opération Shakti, exercice conjoint entre la France et l'Inde, se déroule jusqu'à jeudi en direction de Lodève. Ce déploiement vise à renforcer la coordination et l'interopérabilité des troupes alliées dans un contexte stratégique mondial mouvant.

Un village sous tension

Sur la place de Canet, dominée par la statue du commandant Paul Demarne, la présence d'hommes lourdement armés a suscité des discussions. Une retraitée canétole confie : « J'ai aperçu un militaire posté dans un bosquet, j'ai été surprise. Heureusement que nous étions prévenus. » Depuis l'aube, les troupes s'étaient massées dans cette cité de la rive droite de l'Hérault dans le cadre de l'exercice Shakti, qui signifie « Amitié » en indien, selon le Commandant Vianney de la 13e demi-brigade de Légion étrangère.

Des combats simulés en milieu urbain

Après une longue attente, les premières rafales de mitraillettes ont éclaté peu avant midi à l'arrière du cimetière. Ces « contacts » à blanc, bien que simulés, n'avaient rien d'amical à l'oreille. Les hommes, ayant débarqué la veille au Fort Brescou à Agde, avaient déjà parcouru 3 kilomètres à la nage et plus de 40 kilomètres à pied. Leur objectif : libérer Canet avant de progresser vers Lodève. Sous un soleil de plomb, les combats ont culminé au nord du village, dans la friche industrielle de Boullounac, un site idéal pour l'entraînement en milieu urbain.

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Un suivi en temps réel

À une vingtaine de kilomètres, sur un pioch ensoleillé à Castelnau-de-Guers, les responsables de l'exercice suivaient les opérations pas à pas. Le Lieutenant-Colonel Stéphane, chef des opérations de la 13e demi-brigade de Légion étrangère, a résumé : « Nous nous sommes emparés de la ville de Canet, occupée par une force adverse. Cet entraînement visait à travailler notre capacité à libérer une ville avec un partenaire ne parlant pas français, ce qui implique des coordinations très poussées. Cela nous permet d'identifier des pistes de progression. »

Des moyens variés pour des conflits modernes

Au total, huit unités sont engagées, incluant l'armée de l'air, la marine nationale et l'armée de terre. L'exercice met en œuvre des moyens spécifiques comme la guerre électronique, des drones et des forces spéciales. « Cela nous permet de nous préparer aux conflits contemporains et futurs, et de tester de nouvelles solutions et tactiques », explique le Lieutenant-Colonel Stéphane. L'Hérault, avec sa façade maritime, ses villes, vignes, reliefs et fleuves, offre un terrain varié pour les militaires basés à La Cavalerie en Aveyron.

Un partenariat stratégique en développement

En 2024, une opération similaire avait été organisée en Inde. Les partenariats se multiplient avec l'Angleterre, l'Espagne et d'autres pays. La guerre en Ukraine apporte des enseignements précieux. « L'armée française se prépare à tous types de conflits. Le combat de tranchées fait partie de notre entraînement, mais nous devons couvrir un large spectre : contre-terrorisme, évacuation de ressortissants, guerre de haute intensité, que ce soit dans les tranchées ou avec des blindés », précise le Lieutenant-Colonel. Outre les moyens humains, l'opération implique une vingtaine de drones et une cinquantaine de véhicules.

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