Macron défend le SCAF malgré les tensions franco-allemandes sur l'avion de combat européen
Macron défend le SCAF malgré les tensions franco-allemandes

Le président français maintient son soutien au programme SCAF face aux difficultés industrielles

Le président français Emmanuel Macron a réaffirmé ce mardi 10 février sa confiance dans le projet d'avion de combat européen SCAF, le qualifiant de "bon projet" malgré les tensions persistantes entre les industriels français et allemands. Dans un entretien accordé à plusieurs médias européens, dont Le Monde, The Economist et la Süddeutsche Zeitung, le chef de l'État a insisté sur la nécessité de faire progresser ce programme de défense majeur.

Des tensions industrielles qui menacent l'avancée du projet

Le SCAF, ou système de combat aérien du futur, est un programme lancé en 2017 par la France et l'Allemagne, rejoints par l'Espagne, avec un budget estimé à 100 milliards d'euros. Cependant, le projet rencontre d'importantes difficultés liées aux désaccords entre les partenaires industriels. Dassault Aviation, maître d'œuvre français, réclame une plus grande autonomie dans la gouvernance du programme, une demande qui suscite des frictions avec les partenaires allemands et espagnols d'Airbus.

Emmanuel Macron a relativisé ces tensions en évoquant des expériences similaires : "Ce que je vis là, sur le SCAF, je l'ai vécu sur Ariane-6. J'entendais, toutes les semaines, les Allemands ne vont pas mettre l'argent, c'est fini, catastrophe. On l'a fait". Le président français a également mis en garde contre les conséquences potentielles d'un échec du SCAF sur d'autres projets de coopération, notamment le char de combat commun.

Un contexte de spéculations et de défis multiples

Le programme SCAF, initialement prévu pour une mise en service entre 2035 et 2040, peine à avancer en raison de ces dissensions. Certains milieux industriels allemands plaident même pour un changement d'alliance, évoquant la possibilité que Berlin rejoigne le projet concurrent GCAP, porté par le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon. Cette situation met en lumière les défis de la coopération européenne en matière de défense.

Emmanuel Macron a assuré qu'il rediscuterait du projet avec le chancelier allemand Friedrich Merz, affirmant : "C'est un bon projet et je n'ai eu aucune expression allemande pour me dire que ce n'est pas un bon projet. Quand les industriels essaient de faire de la dissynergie, c'est une chose, mais ce n'est pas à nous de la cautionner". Le président français maintient ainsi son optimisme quant à l'avenir du SCAF, malgré les obstacles actuels.