Un départ soudain à la tête de la marine américaine
Le défilé des limogeages se poursuit au sein de l'armée américaine. À peine trois semaines après la dernière salve de renvois de plusieurs généraux, dont le chef d'état-major de l'armée de terre Randy George, c'est au tour du secrétaire à la marine, John Phelan, de quitter ses fonctions de manière abrupte. L'annonce a été faite ce mercredi 22 avril dans un post sur X par le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, qui a remercié John Phelan "pour ses services rendus au Département et à la marine des États-Unis".
Une éviction sans explication officielle
Aucune raison précise n'est évoquée dans la communication officielle pour justifier ce nouveau départ surprise. Seul son remplaçant est nommé : le sous-secrétaire Hung Tao, qui est donc promu "secrétaire par intérim". Le communiqué se contente de déclarer que le secrétaire Phelan quitte l'administration "avec effet immédiat". Cette annonce intervient alors que John Phelan prenait encore la parole lors de la conférence annuelle de la marine à Washington, devant un parterre de marins et d'industriels, quelques jours auparavant.
Des tensions internes révélées
D'après plusieurs médias américains dont CNN, John Phelan a bel et bien été renvoyé. Les relations entre le secrétaire à la marine et le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, étaient particulièrement tendues. "Le président Trump et le secrétaire Hegseth ont convenu qu'un nouveau leadership à la marine est nécessaire", affirme un haut responsable de l'administration à CNN. Une source proche de la situation explique à Axios : "Phelan n'a pas compris qu'il n'était pas le patron. Son travail consiste à suivre les ordres qui lui sont donnés, et non les ordres qu'il pense devoir être donnés".
Ironiquement, les tensions proviendraient de la proximité même entre Phelan et Donald Trump. Le secrétaire à la marine aurait régulièrement contourné la chaîne de commandement en profitant de sa relation privilégiée avec le président américain pour échanger directement avec lui. Pourtant, John Phelan est loin d'être un opposant à Donald Trump : lors de la campagne présidentielle de 2024, le milliardaire a été l'un des plus grands donateurs du candidat républicain.
Une purge militaire en cours
Avec le renvoi de John Phelan, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth poursuit sa purge au sein de l'armée américaine. Au-delà des trois généraux, dont Randy George, renvoyés début avril, d'autres hauts gradés ont également été évincés ces dernières semaines :
- Le général David M. Hodne, alors à la tête du commandement de transformation et d'entraînement de l'armée
- Le général de division William Green Jr, chef du corps des aumôniers de l'armée de terre
Cette purge violente et sans appel permet au secrétaire à la Défense de s'entourer de ses proches. Le général Christopher LaNeve, désormais au poste de chef d'état-major de l'armée, en est un exemple frappant : il était auparavant l'assistant militaire principal d'Hegseth au Pentagone.
Un contexte géopolitique complexe
Ce départ du chef de la marine intervient dans un contexte particulièrement compliqué pour la Navy américaine. Les États-Unis imposent actuellement un blocus dans le détroit d'Ormuz pour tenter de faire plier l'Iran dans les négociations. Malgré un cessez-le-feu négocié entre les deux pays, Washington continue d'interdire le passage des navires iraniens dans le détroit, tandis que Téhéran, de son côté, ne laisse passer que ses alliés.
Selon un post sur X du commandement central américain, la marine a forcé 31 bateaux à faire demi-tour depuis le début du blocus. Alors que Donald Trump s'embourbe de plus en plus dans ce conflit avec l'Iran, qu'il espérait expéditif, ce nouveau chamboulement au sein de l'armée américaine ne devrait pas faciliter ses plans stratégiques. La stabilité du commandement militaire apparaît plus que jamais comme un enjeu crucial dans cette période de tensions internationales.



