Le Transall, avion emblématique de l'armée de l'air, effectue sa tournée d'adieu avant retraite
Le Transall fait ses adieux aux bases militaires françaises

Le Transall, légende de l'armée de l'air, entame sa tournée d'adieu

Un géant des airs de 32 mètres de long, d'une envergure de 40 mètres et pesant 32 tonnes s'est posé sur la piste de la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard, le 28 mars 2022. Cet appareil emblématique, le C160 Transall, suscite un vif intérêt parmi les militaires qui se pressent pour l'approcher et le visiter. Né d'une collaboration franco-allemande il y a cinquante ans, cet avion légendaire est désormais appelé à prendre une retraite bien méritée après avoir servi fidèlement l'armée de l'air pendant des décennies.

Une tournée nostalgique à travers la France

Basé à Évreux et appartenant à l'escadron franco-allemand, le Transall effectue une ultime tournée d'adieu, visitant différentes bases militaires françaises. Après Cognac, son périple le mènera vers Bordeaux et Mont-de-Marsan dans la région. "Il doit rester cinq Transall actuellement. Ils vont ensuite partir au démontage et recyclage. Celui-ci rejoindra le musée de l'air à Toulouse", explique David, navigateur à bord et capitaine.

La nostalgie est palpable parmi les équipages. "Il y a forcément une très grosse nostalgie à le laisser partir. Cela fait vingt ans que je vole avec et je me voyais bien finir ma carrière avec lui", confie David, exprimant l'attachement profond des aviateurs pour cet appareil historique.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le couteau suisse de l'armée de l'air

Le Transall mérite amplement son statut d'appareil historique. "C'est vraiment le couteau suisse de l'armée de l'air", souligne David. Cet avion polyvalent a servi à transporter des hommes, notamment des parachutistes, du matériel lourd comme des chars, effectuer des largages et assurer le ravitaillement en vol d'autres avions, y compris des chasseurs.

Sa capacité à opérer dans des conditions difficiles est remarquable : "Grâce à son train d'atterrissage qui est comme des gros ballons, on peut atterrir sur n'importe quel type de piste". Cette polyvalence explique sa présence dans toutes les opérations militaires et humanitaires majeures des dernières décennies, y compris lors de la guerre en Afghanistan où il fut le premier avion déployé.

Un appareil agile mais vieillissant

Le navigateur décrit le Transall comme un appareil agile en vol, "très manœuvrant". Bien qu'il puisse atteindre 8 000 mètres d'altitude, il évolue généralement entre 5 000 et 6 000 mètres. "La question est celle du moteur, il n'y en a que deux et peut, parfois, perdre de la puissance, selon les circonstances", précise David.

Malgré ses qualités, le Transall montre aujourd'hui des signes de vieillissement. "Il est un peu vieux, lent, pas aussi bien équipé que les nouveaux. Mais, c'est même assez rare qu'un avion dure aussi longtemps", reconnaît le navigateur. Il est progressivement remplacé par des appareils plus modernes comme l'A400M d'Airbus Military, entré en service depuis 2013, le C130J Super Hercules de Lockheed Martin, ou le Casa développé par Airbus Defence and Space.

La difficile succession d'une légende

La question demeure : ces successeurs modernes pourront-ils remplacer le Transall dans le cœur des aviateurs qui ont volé à son bord ? Cet appareil mythique, véritable symbole de l'armée de l'air française, laisse derrière lui un héritage impressionnant et des souvenirs indélébiles pour ceux qui l'ont piloté et entretenu pendant un demi-siècle.

La tournée d'adieu du Transall représente ainsi un moment historique, marquant la fin d'une époque pour l'aviation militaire française et franco-allemande. Chaque escale sur les bases militaires devient une occasion de rendre hommage à cet appareil exceptionnel qui a écrit certaines des pages les plus importantes de l'histoire aéronautique militaire contemporaine.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale