L'émotion était vive, ce jeudi 23 avril, à Montauban. Un hommage national a été rendu au sergent-chef Florian Montorio, ce soldat français, Casque bleu tué samedi dernier dans une embuscade au Liban. Il est l'un des trois militaires français morts depuis le début de la guerre d'Israël et des États-Unis contre l'Iran fin février.
Un soldat d'exception
Âgé de 40 ans au moment de sa mort, Florian Montorio appartenait au 17e régiment du génie parachutiste (RGP) de Montauban, le seul régiment de ce type dont la mission est d'être parachuté sur le théâtre d'opérations pour faciliter l'avancée d'autres troupes au sol. Père de deux filles de 9 et 15 ans, il avait rejoint le 17e RGP en 2021 et devait retourner à la vie civile « d'ici quelques mois », a souligné le colonel Jérémy Akil, responsable du régiment.
Une cérémonie solennelle
C'est sous un soleil éclatant, sur la vaste place d'armes de la caserne Doumerc de cette unité, que lui ont été rendus les honneurs funèbres militaires, lors d'une cérémonie présidée par la ministre des Armées, Catherine Vautrin, et le chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill, en présence de Caroline de Monaco, marraine du régiment. « Partout où Florian Montorio a servi, partout il s'est distingué », a déclaré au cours de son discours Mme Vautrin, précisant que, depuis 1978, 144 militaires français ont perdu la vie au Liban. Le militaire, toujours porté par « l'élan permanent du dépassement », a été « touché par un tir direct d'arme légère », a-t-elle précisé.
Les circonstances de l'attaque
Les autorités françaises et l'ONU ont attribué l'attaque ayant causé sa mort dans la région de Deir-Kifa au mouvement pro-iranien Hezbollah, actif dans le sud du Liban, qui a nié toute implication. S'en prendre à des Casques bleus identifiables est « constitutif d'un crime de guerre », a souligné le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. La Finul avait également rappelé que « les attaques délibérées contre les Casques bleus constituent de graves violations du droit international humanitaire ainsi que de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, et peuvent s'apparenter à des crimes de guerre ».
Un deuxième soldat succombe
Mercredi, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé qu'un deuxième militaire français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), touché dans la même embuscade, avait succombé à ses blessures. Jeudi, Mme Vautrin a aussi rendu hommage à ce soldat, Anicet Girardin, 31 ans : « Je veux avoir une pensée pour son camarade de combat », a-t-elle dit. Selon elle, ce caporal-chef de 31 ans avait été blessé alors qu'« il portait secours à son chef d'élément qui venait de tomber ».
Une ville en deuil
Après la cérémonie militaire, la mairie de Montauban a également organisé une « marche silencieuse » : depuis la caserne, un cortège partira pour rejoindre une église de la ville où une messe sera célébrée. Les Montalbanais pourront « stationner tout le long » et « rendre par leur présence un hommage au militaire qui a été tué », a expliqué Didier Lallemand, le maire (UDR) de la ville, rappelant « le lien historiquement très étroit » entre l'armée et la population locale. « Dès l'annonce du décès de ce militaire, il y a vraiment eu une émotion qui s'est emparée de la ville », a-t-il dit, soulignant que « l'armée à Montauban, c'est 3.500 militaires, donc c'est 3.500 familles, ce sont des enfants qui vont à l'école à Montauban, qui fréquentent les clubs sportifs, qui assistent aux manifestations ».



