Fouras : la plage transformée en terrain d'entraînement militaire
Dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 mars, les militaires du 1er peloton du 1er escadron du Régiment d'infanterie-chars de marine (RICM) de Poitiers ont mené un exercice amphibie spectaculaire sur les plages de Fouras. Le contraste était saisissant entre les vacanciers profitant du soleil et les soldats surgissant de l'eau avec leurs équipements complets.
Un spectacle rare pour les badauds
Sur le sable d'une plage de la presqu'île fourasine, un vacancier en maillot profitait paisiblement du soleil tandis qu'à quelques mètres, des soldats en treillis, casqués et équipés de fusils d'assaut prenaient d'assaut le rivage depuis des canots pneumatiques noirs. « On débouche, on monte sur le petit parapet… Agressifs dans les déplacements ! », ordonnait l'officier lors du briefing tactique.
Pour les promeneurs et habitants, le spectacle était aussi rare qu'attrayant. Beaucoup se sont arrêtés pour immortaliser la scène avec leurs smartphones. Une habitante locale a suivi toute l'opération avec attention, s'inquiétant même de la condition physique des militaires après les avoir vus ramer vigoureusement depuis l'océan.
Un entraînement réaliste pour des missions futures
Le lieutenant Ascelin, responsable du groupe, explique l'importance de cet exercice : « Ce n'est que du bonheur et ça nous change de Quiberon où l'on s'entraîne d'habitude. Ici, il y a un peu de ZUB, de la zone urbanisée. Ces exercices permettent de vérifier que la condition physique de nos marsouins est au top. »
Le groupe, divisé en deux équipes, est parti de la plage sud pour ramer durant trente minutes à bord d'embarcations légères jusqu'à une plage située après la pointe de la Nombraire. Cette approche à la rame prépare les hommes aux conditions réelles de débarquement surprise de nuit.
La réaction des habitants et observateurs
Gérard, un retraité de la « classe 73 », revivait son service militaire en observant les troupes. « C'est pour les Iraniens ou pour les Russes ? », plaisantait-il. L'homme confiait ne pas être surpris par cette « invasion kaki » car la mairie de Fouras avait bien communiqué sur l'événement.
Fin observateur, il remarquait même un détail amusant : « Il y en a un qui a mis son gilet de sauvetage à l'envers. Au lieu d'être kaki, il est côté orangé. » Sur le sable, un gilet de sauvetage orange était effectivement resté au sol - celui du seul « non nageur » du groupe, rappelant que l'armée de terre assure même l'apprentissage de la natation à ses marsouins.
Objectif tactique : créer une tête de pont sécurisée
L'enjeu est sérieux pour la trentaine d'hommes déployés. Affilié à la 9e Brigade d'infanterie de marine, le RICM vient ici parfaire son « savoir-faire amphibie dans le cadre de sa montée en puissance avant de futures projections ». L'objectif tactique de l'exercice était de s'emparer d'une plage pour y créer une « tête de pont » sécurisée.
Mercredi, les militaires avaient même descendu le sémaphore local en rappel, démontrant la diversité de leurs compétences. « On est cernés, ils sont partout », rigolait une promeneuse en voyant la troupe se déployer.
Prochaine étape : la conquête de l'île d'Aix
Après ces assauts diurnes, les militaires basculaient sur une phase de combats ininterrompue de 36 heures dans la nuit de jeudi à vendredi, visant spécifiquement la conquête de l'île d'Aix. Pour corser ce raid nocturne, les hommes du RICM devaient affronter la gendarmerie maritime, qui assisterait une force ennemie (le « plastron ») depuis la mer pour empêcher leur débarquement.
Cet exercice grandeur nature, hébergé au sein du Centre de vacances jeunes (CIS) jusqu'au 20 mars, démontre la préparation constante des forces armées françaises. Sur la plage de Fouras, entre militaires et crustacés, personne n'est abandonné dans cet entraînement rigoureux qui mêle tradition militaire et adaptations aux défis contemporains.



