Artilleurs varois : exercice Ceccaldi face à un ennemi de force égale
Exercice Ceccaldi : les artilleurs varois face à un ennemi de force égale

Le 3e Régiment d'artillerie de marine (3e RAMa) mène depuis lundi un exercice tactique dans le Haut-Var, entre les communes de Régusse et de Rians, pour se préparer à affronter un adversaire de capacités comparables. Baptisé Ceccaldi, du nom d'un héros de la bataille de Koufra en Libye en 1941, cet exercice met l'accent sur la manœuvre et la discrétion, avec des tirs uniquement simulés.

Un exercice pour tester la capacité à « chasser tout en étant chassé »

« L'objectif de l'exercice Ceccaldi est simple : il s'agit de tester la capacité du régiment à chasser tout en étant chassé », résume l'officier communication du 3e RAMa. Sur le terrain, cela se traduit par une partie de cache-cache entre deux batteries, où la dimension tactique prime sur la puissance de feu.

Le capitaine Clément, coordinateur d'appui feux (CAF), explique que cet exercice s'inspire du retour d'expérience du conflit ukrainien : « Aujourd'hui, pour éviter les tirs de contrebatterie et réduire la menace drone, on a augmenté les distances entre le CAF, les chefs de section de tir et les pièces d'artillerie. » Cette dispersion est essentielle pour survivre face à un ennemi doté de capacités similaires.

Le Caesar et la tactique du « shoot-and-scoot »

Le canon Caesar, pièce maîtresse du régiment, est utilisé selon la tactique du « shoot-and-scoot » (tire et détale). Le sergent Théo, chef de pièce, détaille : « On est en position d'attente. Si l'on en reçoit l'ordre, on est capable de sortir de notre cachette, de tirer six coups et d'aller se mettre à l'abri à une autre position identifiée préalablement. Tout ça en deux minutes. »

Cette rapidité de mise en œuvre fait la réputation du Caesar. Mais pour rester en vie, il faut aussi bouger régulièrement. Le lieutenant Antoine, chef de section de tir, précise : « Même si l'on n'est pas sorti de sa cachette, on bouge toutes les deux heures. Mais pas tous en même temps. On essaye toujours de garder une pièce prête à tirer, au cas où on nous demanderait un appui feu. »

Des technologies de détection avancées

La détection ennemie a considérablement progressé. Le Griffon véhicule d'observation de l'artillerie en est un exemple. Le sergent Kyllian, chef d'équipe d'observation, explique : « Le mât télescopique est équipé de caméras thermiques capables de voir de jour comme de nuit jusqu'à 10 kilomètres. On peut aussi équiper le véhicule d'un radar Murin capable de détecter même des piétons isolés. »

Pour donner une dimension interarmes à l'exercice, deux pelotons de reconnaissance et d'intervention du 1er régiment de Spahis ont fait le déplacement depuis Valence. Cette coopération vise à renforcer la préparation face à des conflits où la supériorité militaire n'est plus garantie.