Devenir "l'armée conventionnelle la plus puissante d'Europe" : c'est l'ambition affichée depuis le mois de février par le chancelier allemand Friedrich Merz. Face à la menace russe et aux incertitudes liées au conflit en Iran, l'Allemagne se réarme à marche forcée et prévoit de dépenser trois fois plus que la France par an pour sa défense.
Un rattrapage après des années de sous-investissement
Certes, il s'agit, pour Berlin, d'un rattrapage après des années de sous-investissement. Mais les budgets sont là, et ils sont massifs. Tant et si bien que le risque de décrochage de la France sur le plan militaire a dernièrement été pointé du doigt au sommet de la hiérarchie militaire française, par le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon.
Des conséquences pour l'équilibre européen
Cette montée en puissance allemande pourrait redessiner les équilibres de défense au sein de l'Union européenne. La France, traditionnellement leader militaire avec son arsenal nucléaire et ses forces projetables, pourrait voir son influence relative diminuer si Berlin maintient ce rythme d'investissement. Les dépenses allemandes, estimées à plus de 100 milliards d'euros par an d'ici 2028, contrastent avec les efforts budgétaires français, contraints par la dette et les exigences de Maastricht.
Le général Mandon a ainsi alerté sur la nécessité pour la France de maintenir sa capacité d'innovation et de réactivité, sous peine de perdre son rang. Un appel qui résonne d'autant plus que le contexte géopolitique, marqué par la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, exige une Europe de la défense plus unie et plus forte.



