La décentralisation en attente de concrétisation
Les 94ᵉˢ Assises des départements de France, qui se sont tenues à Albi le 14 novembre 2025, ont mis en lumière le retard persistant dans la mise en œuvre des réformes de décentralisation. Trois années se sont écoulées depuis que Gérard Larcher, président du Sénat, avait lancé un appel pressant : « Des discours on a vu, des propositions on a, maintenant, il faut des actes ». Cette déclaration marquait la présentation des propositions du Palais du Luxembourg visant à redonner aux élus locaux leur pouvoir d'agir.
Des promesses gouvernementales non tenues
Dès son arrivée à Matignon, Sébastien Lecornu s'était engagé à relancer ce chantier, pourtant maintes fois évoqué, y compris par le chef de l'État. Le premier ministre avait alors annoncé un « nouvel acte de décentralisation, de clarification et de liberté locale », précédant le lancement d'une concertation sur cette réforme essentielle.
Le calendrier initial prévoyait :
- La présentation des grands axes du projet de loi le 17 décembre 2025
- Le dévoilement officiel du texte début 2026
Ces échéances n'ont pas été respectées. Le gouvernement a rapidement mesuré la difficulté à tenir son programme, confronté à une actualité dominée par deux défis majeurs :
- La crise agricole persistante
- Les discussions complexes sur le budget 2026
Les obstacles à la réforme
Les échanges entre ministères se sont révélés particulièrement complexes pour faire aboutir cette réforme. La question de l'avenir des agences régionales de santé constitue un point de tension majeur. Sébastien Lecornu avait exprimé le souhait de transférer aux départements une partie des missions de ces agences, une proposition qui a suscité une mobilisation importante du monde de la santé.
Cette résistance sectorielle, combinée aux priorités budgétaires et agricoles, a contribué à retarder significativement l'avancée du projet. La décentralisation reste ainsi en suspens, malgré les engagements répétés des différentes institutions et l'urgence exprimée par les élus locaux lors des Assises des départements.
Le contraste entre les déclarations d'intention et la réalité de la mise en œuvre soulève des questions sur la capacité du gouvernement à concrétiser ses promesses en matière de réforme territoriale. Les collectivités locales attendent toujours des mesures concrètes qui leur permettraient d'exercer pleinement leurs compétences et de répondre aux besoins de leurs territoires.



