Vidéosurveillance : une prolifération des caméras dans les communes avant les municipales
Vidéosurveillance : les communes multiplient les caméras avant les élections

Dans le paysage urbain et rural français, un phénomène se généralise à l'approche des élections municipales : l'installation de caméras de vidéosurveillance. Des petites communes aux grandes villes, les projets fleurissent, portés par des équipes municipales soucieuses de répondre aux préoccupations sécuritaires des citoyens.

Des initiatives locales variées

À Boitron, une commune de seulement 349 habitants dans l'Orne, l'équipe municipale sortante a annoncé le 18 janvier son intention d'installer des caméras près des conteneurs à déchets. Cette décision fait suite à des incivilités répétées signalées par la presse locale, montrant comment même les plus petites collectivités s'emparent de cet outil de sécurité.

À l'autre extrémité du spectre, Saint-Nazaire en Loire-Atlantique envisage un déploiement massif. Le programme électoral de la liste Unis pour Saint-Nazaire propose d'installer 300 caméras, contre moins d'une centaine actuellement. Cette multiplication par trois témoigne d'une ambition sécuritaire affirmée dans les grandes agglomérations.

À Dieppe, en Seine-Maritime, le maire sortant Nicolas Langlois, membre du Parti communiste français, a fait adopter le principe d'installation de plus de 80 caméras lors de la dernière session du conseil municipal de l'année 2025, le 18 décembre. Cette décision intervient alors qu'il se présente à sa réélection.

Un phénomène national

De la Nièvre à la Manche, en passant par la Haute-Savoie et le Sud-Ouest, des projets similaires émergent partout en France. Les échelles varient selon la taille des communes concernées, mais la tendance est claire : aucune municipalité ne veut être prise en défaut sur le sujet de la sécurité à l'approche des échéances électorales.

Patrick Haas, rédacteur en chef d'En toute sécurité et auteur d'un atlas économique annuel sur le marché de la sécurité, observe cette dynamique. Les candidats sortants ne manquent pas de rappeler qu'ils ont déjà fait voter l'équipement ou le renouvellement d'un parc existant, constate-t-il, soulignant l'aspect politique de ces investissements.

Un marché en pleine santé

Le secteur de la vidéosurveillance affiche une santé insolente, avec un chiffre d'affaires d'environ 2,3 milliards d'euros en 2025. Cette performance représente une augmentation de 6% par rapport à l'année précédente, confirmant la vitalité économique de ce marché.

Cependant, Patrick Haas tempère cet optimisme en indiquant que la plus grande part des investissements a déjà eu lieu depuis 2024. Selon ce spécialiste, cette vague d'équipements devrait même entraîner un tassement du marché courant 2026, en raison du volume soutenu des commandes réalisées ces deux dernières années.

Perspectives d'avenir

Malgré ce ralentissement anticipé, rien ne semble pouvoir remettre en cause la place désormais centrale de la vidéosurveillance dans les politiques de sécurité locales. Les municipalités, qu'elles soient rurales ou urbaines, continuent d'investir dans ces technologies, répondant à une demande croissante de sécurité de la part des administrés.

Cette tendance soulève également des questions sur l'équilibre entre sécurité publique et respect de la vie privée, ainsi que sur l'efficacité réelle de ces dispositifs dans la prévention de la délinquance. Des débats qui devraient s'intensifier à mesure que ces caméras se multiplient dans l'espace public français.