Un projet de médiathèque sous tension à Saint-André-de-Sangonis
Les travaux de démolition du presbytère se poursuivent activement à Saint-André-de-Sangonis, dans l'Hérault, suscitant des interrogations quant à leur calendrier. Yannick Vernières, ancien adjoint aux finances et récent candidat aux municipales, défend fermement cette opération et met en garde contre les conséquences financières d'un éventuel abandon du projet global de médiathèque et de logements.
Un calendrier contraint par des impératifs écologiques
Yannick Vernières reconnaît que la reprise des travaux de démolition au lendemain du premier tour des élections municipales "pouvait interroger". Cependant, il explique cette temporalité par des contraintes techniques et, surtout, par les fenêtres de tir imposées par les associations écologistes, notamment les Écologistes de l'Euzière. "Si on ne respecte pas ces fenêtres, cela entraîne des décalages en cascade. Un retard d'une semaine peut se transformer en un ou deux mois sur l'étape suivante, et au final retarder la fin du chantier de plus d'une année", précise-t-il.
Initialement prévue pour début janvier, la démolition a été reportée en raison de la complexité à coordonner tous les acteurs : les entreprises du chantier, les fouilles archéologiques de l'Inrap et ces contraintes environnementales. Ce contexte explique l'accélération des travaux observée le 16 mars dernier.
Des risques structurels et financiers majeurs
L'ancien élu réagit également aux propos du nouveau maire, Alexandre Monaco, qui regrettait que "de belles choses" n'aient pas été faites avec le presbytère. Vernières rappelle qu'un arrêté de mise en péril avait été pris sur ce bâtiment et qu'aucun architecte consulté n'a pu garantir sa stabilité structurelle. "On peut toujours rattraper cette stabilité, mais à quel prix ? Cela s'évalue", souligne-t-il, évoquant des surcoûts importants inévitables.
Mais c'est surtout sur les enjeux financiers que l'ancien adjoint aux finances alerte. "Si on remettait en cause l'ensemble du projet, la commune, solidaire de l'Établissement Public Foncier, serait obligée de racheter la maison Pappas évaluée à environ 850 000 euros", révèle-t-il. De plus, les différents lots pour la médiathèque ayant déjà été attribués, une remise en question mettrait ces entreprises en difficulté.
Des subventions à rembourser en cas d'annulation
Le risque financier le plus important concerne les subventions déjà obtenues. La Direction Régionale des Affaires Culturelles (Drac) a alloué une subvention de 876 000 euros que la commune a déjà perçue. "Si la médiathèque ne se fait pas, il faudra rembourser cette somme", prévient Vernières. À cela s'ajoute le rachat de la maison Pappas, portant le total à 1,73 million d'euros en cas d'annulation du projet.
Une subvention supplémentaire de la région, d'un montant de 180 000 euros, doit encore être perçue. Face à ces engagements, l'ancien adjoint estime que les marges de manœuvre sont désormais très limitées. "Il y a peut-être une touche personnelle à apporter, mais il ne me paraît pas judicieux de remettre en cause le projet", juge-t-il.
La crédibilité de la commune en jeu
Yannick Vernières argumente également que l'obtention de ces subventions importantes repose sur la crédibilité de la commune. "Remettre en question le projet serait perdre en crédibilité. Cela aurait forcément une incidence sur des chantiers ultérieurs", insiste-t-il. Il rappelle enfin l'investissement considérable des services municipaux dans ce dossier et estime que "si autant de partenaires nous ont suivis, c'est bien que le projet le mérite".
Ces arguments devraient interpeller le nouveau maire, Alexandre Monaco, qui devra prendre position sur ce dossier sensible dans les prochaines semaines. La décision finale aura des conséquences importantes tant sur le plan urbanistique que financier pour la commune de Saint-André-de-Sangonis.



