Vallauris : les finances communales sous tension entre désendettement et dépendance portuaire
Le conseil municipal de Vallauris s'est réuni lundi pour examiner le rapport d'orientations budgétaires de l'année 2026, un document obligatoire qui fixe les grandes lignes stratégiques et financières de la commune. Ce débat a mis en lumière des divergences profondes entre la majorité municipale et l'opposition, centrées sur la gestion des recettes et la dépendance économique au port de Golfe-Juan.
Un budget axé sur le désendettement mais critiqué pour sa vulnérabilité
Le maire Kévin Luciano a présenté un budget 2026 s'inscrivant dans une politique de « zéro emprunt », avec une dette prévue en baisse de 2,90 millions d'euros. Les dépenses de fonctionnement sont estimées à 47 millions d'euros, une stabilisation inférieure à l'inflation selon l'édile. Cependant, l'opposition, menée par Emélie Leduc et Nicolas Cuzzupoli, a exprimé des réserves, pointant du doigt la forte dépendance aux recettes générées par D-Marin, le gestionnaire du port.
Patrick Lavitola, membre de l'Union des droites, a souligné que plus de 10 millions d'euros de recettes proviennent des délégataires en 2026, principalement de D-Marin. Il a averti : « L'équilibre budgétaire de la commune dépend massivement du port. La vraie question est de savoir si ce modèle peut tenir sans D-Marin. » Malgré une dette par habitant en baisse, passant de 1 954 euros en 2017 à 1 256 euros prévus en 2025, il craint une fragilité si les revenus portuaires venaient à diminuer.
La majorité défend un modèle sécurisé par des engagements à long terme
En réponse, le maire a rassuré en rappelant les termes de la délégation de service public avec D-Marin, d'une durée de vingt-cinq ans. Il a expliqué qu'une redevance fixe de 8,5 millions d'euros est garantie annuellement, réévaluée chaque année, avec une part variable qui porte actuellement le total à environ 9 millions d'euros. « Pour les vingt-deux ou vingt-trois prochaines années, on est tranquilles », a-t-il affirmé, insistant sur la stabilité de ce modèle économique.
Le projet de coulée verte refait surface avec des coûts réévalués
Parallèlement, Emélie Leduc a critiqué le retour du projet de coulée verte dans le plan pluriannuel d'investissement. Initialement budgété à 7 millions d'euros sur cinq ans en 2021, ce projet avait disparu avant de réapparaître avec un budget réévalué à 19 millions d'euros. L'élue a déploré l'absence d'études ou de travaux depuis trois ans, demandant des garanties sur sa concrétisation.
Le maire a reconnu des retards, expliquant que « on n'était pas complètement prêt sur un certain nombre de points », mais a assuré que le projet serait engagé à partir de 2026. Il a précisé que les fonds non utilisés ne sont pas perdus, soulignant que les projets évoluent normalement au fil du temps.
Ce conseil municipal a ainsi révélé les tensions entre une stratégie financière axée sur la réduction de la dette et les inquiétudes concernant une dépendance économique jugée préoccupante par l'opposition, tout en relançant des débats sur des investissements communaux majeurs.



