Spéracèdes : le conseil municipal vote la protection juridique du maire visé par une enquête
Spéracèdes : protection juridique du maire votée

Le conseil municipal de Spéracèdes valide la protection juridique du maire

Lors de la séance du 21 avril, le conseil municipal de Spéracèdes a débattu avec intensité avant de voter la demande de protection fonctionnelle formulée par le maire, Jean-Marc Macario. Ce dernier est actuellement visé par une information judiciaire concernant des dépôts illicites de déchets sur plusieurs communes, dont Spéracèdes. Conformément à la loi, le maire a quitté la salle pendant les discussions, laissant la première adjointe, Martine Maubert-Rey, présider les échanges.

Un vote sous tension avec des réserves de l'opposition

Martine Maubert-Rey a rappelé le principe selon lequel « la commune doit protéger un élu poursuivi pour des faits non détachables de l'exercice de ses fonctions ». Cependant, l'élue d'opposition Laurence Louis a exprimé des réserves significatives. Elle a estimé ne pas disposer de tous les éléments de la procédure et a souligné que cette prise en charge « repose financièrement sur les administrés ». Laurence Louis a même proposé de reporter la délibération dans l'attente d'informations complémentaires.

Malgré ces objections, la majorité municipale a maintenu le vote. Le conseiller municipal Gérard Baussy a conclu en affirmant que « le maire doit être défendu », rappelant que cette affaire a pris naissance dans les années 2010, avant que Jean-Marc Macario ne devienne premier magistrat.

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Une enquête judiciaire de grande ampleur sur des dépôts illicites

Début avril, le maire fraîchement réélu et l'ancien maire de Spéracèdes ont été placés en garde à vue à Marseille. Ils ont été longuement interrogés par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique. Dans la foulée, deux dirigeants d'une entreprise de BTP basée à Grasse ont été mis en examen. Ils sont poursuivis pour recel de favoritisme ainsi que pour plusieurs infractions aux codes forestier, de l'urbanisme et de l'environnement.

Le parquet de Marseille avait ouvert une vaste information judiciaire en 2023, notamment pour gestion irrégulière de déchets en bande organisée, dans l'Ouest du département. Ce scandale, connu sous le nom de « déballe » dans le jargon du BTP, désigne la pratique illégale qui consiste à décharger des déchets de chantiers sur des terrains naturels, classés et protégés, sans autorisation.

Les origines environnementales de l'affaire

L'affaire a débuté en janvier 2020 avec une plainte de France nature environnement, alertée par l'Aspic, une association locale environnementale. La fédération s'inquiétait de la formation d'une décharge en pleine forêt classée à Spéracèdes, une commune de 1 500 habitants du pays grassois. Cette situation a mis en lumière les enjeux cruciaux de la protection de l'environnement et de la gestion légale des déchets dans les zones rurales.

À l'issue de leur défèrement, les deux dirigeants mis en examen ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de gérer une société de BTP ou de traitement de déchets. Ils devront également verser un cautionnement de 50 000 euros, illustrant la gravité des accusations portées contre eux.

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