Parempuyre vote une servitude pour RTE avant les municipales, l'opposition dénonce un passage en force
Servitude RTE votée à Parempuyre, l'opposition crie au passage en force

Parempuyre autorise RTE à préparer le raccordement de l'usine Emme avant le scrutin municipal

Le conseil municipal de Parempuyre a voté, mardi 24 février, une convention de servitudes en faveur de RTE (Réseau de transport d'électricité). Cette décision permet au gestionnaire d'anticiper le projet de raccordement électrique de l'usine Emme, une future unité de conversion de nickel et de cobalt pour batteries électriques, classée Seveso seuil haut. Le vote intervient à un peu plus de deux semaines des élections municipales, suscitant de vives critiques de l'opposition qui parle de « passage en force » politique.

Un tracé souterrain de 7 kilomètres pour alimenter l'usine Emme

Pour alimenter l'usine Emme, RTE propose de raccorder le site industriel au poste source du Pian-Médoc via une liaison souterraine à 63 000 volts. Les câbles seront déployés sur un tracé d'environ 7 kilomètres, traversant des parcelles communales, notamment l'espace vert situé entre la salle L'Art y show et une zone bâtie. La maire Béatrice de François insiste sur le fait que « cette délibération n'existe que si le projet Emme se fait », précisant que la municipalité a travaillé en étroite collaboration avec RTE pour affiner le tracé présenté lors de l'enquête publique.

Le fuseau retenu part du poste source du Pian-Médoc, près d'Emmaüs, passe sous la voie ferrée, longe la rue de la Gare jusqu'à la salle L'Art y show, puis emprunte les rues de Bordeaux, Anna-de-Noailles, Camille-Montoya et des Palus, pour atteindre Grattequina. Ce parcours évite le centre-ville. Les travaux seront réalisés en circulation alternée entre 9 heures et 17 heures, avec des restrictions de trafic sur certaines portions, mais sans interruption sur la rue de Bordeaux.

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L'opposition dénonce une manœuvre politique et des risques sous-estimés

À l'approche des élections municipales, l'opposition voit dans ce vote une tentative de la majorité sortante de sécuriser un dossier controversé. L'élue d'opposition Nicole Lalanne accuse la municipalité de « transformer une délibération technique en un véritable enjeu politique de fin de mandat ». Elle estime que cette servitude équivaut à un feu vert pour l'implantation de l'usine Emme, engageant la commune sur le long terme.

Nicole Lalanne soulève également des préoccupations concernant les risques technologiques et naturels, notamment le passage d'une ligne à 63 000 volts dans des parcelles potentiellement inondables. Elle critique par ailleurs le montant de l'indemnité de compensation accordée à RTE, fixé à 4 569 euros, affirmant que « la Ville brade son patrimoine ». L'opposition a voté contre la délibération, reprochant à la majorité un manque de concertation et soutenant qu'un tracé moins pénalisant existe.

La majorité défend un choix pragmatique face aux contraintes légales

Face aux critiques, la majorité municipale justifie son vote par des arguments pragmatiques. Benjamin Dervieux, premier adjoint, explique que RTE est occupant de droit, ce qui signifie que si l'usine Emme est construite, le gestionnaire pourra installer la ligne électrique où il le souhaite, avec ou sans convention de servitudes. Selon lui, rejeter la délibération reviendrait à ignorer le tracé de moindre impact élaboré avec RTE.

Concernant les risques naturels, Benjamin Dervieux rappelle que l'avenue de Labarde, située en zone inondable, dispose déjà d'un réseau électrique lourd, et que « ce risque est pris en compte par RTE ». Il assure que la convention permet de mieux encadrer le projet et de minimiser les nuisances pour les habitants. Malgré ces explications, le débat reste tendu, illustrant les clivages politiques à l'œuvre dans cette décision technique aux implications locales significatives.

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