Périgueux : les candidats aux municipales dévoilent leurs stratégies pour la sécurité publique
Sécurité à Périgueux : les propositions des candidats aux municipales

Les enjeux de sécurité au cœur de la campagne municipale à Périgueux

À quelques semaines du scrutin, le journal Sud Ouest a interrogé les cinq candidats en lice pour la mairie de Périgueux sur leurs propositions en matière de lutte contre la délinquance et de préservation de la tranquillité publique. Ce thème apparaît comme une priorité dans les programmes de la plupart des candidats, à l'exception notable de Jonathan Almosnino, tête de liste de Lutte ouvrière, qui préfère centrer son discours sur « l'insécurité économique, dont personne ne parle ».

Les effectifs de police municipale : un consensus relatif

Sur la question des effectifs de police municipale, un large accord se dessine parmi les candidats, à l'exception de Jonathan Almosnino qui ne se prononce pas. Michel Cadet, candidat divers droite d'Unir Périgueux, propose d'augmenter le nombre de policiers municipaux de 21 à 30, s'appuyant sur le principe d'un policier pour 1 000 habitants, défendu par David Lisnard, président de l'Union des maires. Le maire sortant, Émeric Lavitola, socialiste, plaide pour le recrutement de deux agents supplémentaires, condition indispensable selon lui pour créer une brigade supplémentaire.

Antoine Audi, autre candidat divers droite et ancien maire, ne fixe pas de chiffre précis mais défend l'idée d'une police de nuit opérationnelle sept nuits sur sept, y compris le dimanche et le lundi, équipée de caméras-piétons et de gilets anti-lames. Vincent Belloteau, candidat de La France Insoumise, insiste sur le développement d'une « véritable police de proximité » et sur la nécessité de maintenir les effectifs de la police nationale.

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La brigade cynophile : un sujet controversé

Émeric Lavitola a réaffirmé récemment la nécessité de disposer d'une brigade cynophile formée à la lutte antistupéfiants, incluant le recrutement d'un chien adulte. Cette proposition est cependant rejetée par Michel Cadet et Antoine Audi, qui pointent du doigt l'échec de l'épisode Thor. Ce malinois, recruté en novembre 2022 à l'âge de deux mois par la police municipale, a dû être réformé après une chute accidentelle du quatrième étage de l'immeuble de la police en mai 2022.

Vidéosurveillance : des visions opposées

Antoine Audi, qui a installé 50 caméras en 2015, et Michel Cadet militent pour une extension du réseau de vidéosurveillance, avec des dispositifs fixes et mobiles dans la ville et à ses entrées. Ils souhaitent également renforcer la présence des policiers derrière les écrans pour une meilleure réactivité. Émeric Lavitola tempère cette approche, estimant qu'une surveillance 24 heures sur 24 n'est plus nécessaire depuis le déménagement du commissariat, mais il propose tout de même de renforcer les effectifs du centre de supervision urbain.

Vincent Belloteau, quant à lui, assume son opposition à la vidéosurveillance, qu'il juge « coûteuse, liberticide et démagogique », préférant privilégier la présence humaine sur le terrain.

L'éclairage public : un débat en lumière

Michel Cadet exige le retour de l'éclairage public dans les quartiers plongés dans le noir une partie de la nuit. Antoine Audi propose une solution nuancée avec un éclairage intelligent adaptatif et des passages piétons mieux éclairés. À l'inverse, ni Émeric Lavitola ni Vincent Belloteau n'envisagent de revenir sur la décision de l'ancienne maire Delphine Labails d'éteindre les lumières entre minuit et 5 heures dans certains quartiers pavillonnaires.

Les pistes de prévention : des approches variées

Dans le volet prévention, Émeric Lavitola mise sur deux grands plans : l'un pour détecter et prendre en charge les violences intrafamiliales, l'autre pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes. Vincent Belloteau plaide pour la présence de médiateurs sur le terrain et un plan de sensibilisation aux dangers des addictions.

La prévention n'est pas l'apanage de la gauche, comme le montre Antoine Audi, qui milite pour la création d'une maison de parentalité et le retour du Conseil des droits et des devoirs des familles. Michel Cadet rejoint cette vision en évoquant un soutien à la parentalité.

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Ces propositions illustrent les divergences et convergences entre les candidats, alors que les électeurs de Périgueux se préparent à choisir leur prochain maire les 15 et 22 mars. Les abonnés de Sud Ouest ont pu voter fin décembre pour les sujets à aborder en priorité, dans le cadre de l'opération « Le choix des abonnés ».