Sarlat : un hommage émouvant pour le dernier conseil municipal de Jean-Jacques de Peretti
Après trente-sept années de service public, Jean-Jacques de Peretti a présidé son ultime séance du conseil municipal à Sarlat, en Dordogne. L'événement, qui s'est déroulé vendredi 6 mars, a donné lieu à un moment de forte émotion lorsque l'ensemble des conseillers municipaux, des agents de la Ville et du public présent se sont levés pour applaudir le maire sortant.
« Je reste sarladais » : les mots d'adieu d'un élu historique
« Je n'ose pas dire au revoir ni adieu, je reste sarladais », a déclaré Jean-Jacques de Peretti, élu pour la première fois en 1989. Le maire a assuré qu'il prendrait plaisir, dans les mois à venir, à discuter autour d'un verre avec ses concitoyens. Ce court instant de grâce a mis fin à une séance par ailleurs plutôt soporifique, comme si la page était déjà tournée pour les élus, qu'ils arrêtent ou qu'ils se représentent aux élections des 15 et 22 mars.
Le PLUi au cœur des débats : divergences entre majorité et opposition
L'actualité du conseil municipal a été largement dominée par l'annulation récente du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi). Jean-Jacques de Peretti a effectué une « présentation pédagogique » de la situation, similaire à celle faite la veille devant les conseillers communautaires. Selon lui, un nouveau PLUi pourrait être appliqué d'ici « trois à quatre ans », indépendamment de la décision des juges en appel. La consommation foncière autorisée pour la prochaine décennie devrait diminuer, avec environ trente hectares sur les cent vingt-sept initialement ouverts à la densification ou à l'extension. « Pas de quoi s'alarmer », a estimé le président sortant.
Le conseiller d'opposition (LFI) Luis Ferreyra a exprimé un avis diamétralement opposé. « C'est très grave, il ne faut pas minimiser », a-t-il affirmé, qualifiant la situation de « coup de tonnerre ». L'élu, qui s'est dit « abusé » après avoir voté « de bonne foi » l'avis sur le PLUi, a accusé la Communauté de communes d'avoir été « trop gourmande » et d'être allée « trop vite ».
Défense de la majorité et enjeux fonciers
Jean-Jacques de Peretti a contesté cette accusation de célérité. « Nous avons essayé de dégager un peu d'attractivité pour nos communes », a-t-il plaidé, en citant l'exemple de Saint-Vincent-le-Paluel, qui ne dispose plus d'aucun terrain constructible. Le maire a également rejeté l'idée d'une voracité foncière, arguant que le bureau d'études en urbanisme mandaté, Cittanova, serait enclin à se montrer « plutôt minimaliste » par crainte de se mettre à dos les services de l'État, notamment ceux liés à l'environnement, auprès desquels il travaille également pour d'autres communes.
Une salle rénovée et son histoire
Ce dernier conseil municipal s'est tenu dans une salle tout juste rénovée après plusieurs semaines de travaux. Ces travaux ont permis de mettre au jour une plaque commémorative en marbre datant de 1919, dissimulée derrière une tapisserie, qui recense les Sarladais tombés pendant la Première Guerre mondiale. Le coût total des travaux pour la salle du Conseil et des mariages s'élève à 163 600 euros. Ce montant inclut 50 000 euros apportés par la Fondation pour Sarlat et le Périgord noir, créée il y a des années par le maire, et 86 300 euros de dotation de l'État. La réfection du chauffage, d'un coût de 51 000 euros, a été prise en charge par Engie dans le cadre d'une convention, tandis que 31 000 euros ont été affectés à des travaux de charpente et d'isolation des combles.



