Sainte-Suzanne vote pour son indépendance communale ce dimanche 15 mars
Sainte-Suzanne vote pour son indépendance communale ce dimanche

Sainte-Suzanne face à un choix historique pour son indépendance communale

Ce dimanche 15 mars, les électeurs de Sainte-Suzanne sont conviés à un scrutin d'une importance capitale. Pour la première fois, ils peuvent se prononcer dans le secret de l'isoloir sur la défusion avec la commune d'Orthez. Cette consultation revêt une dimension historique, car elle pourrait marquer le retour à l'autonomie communale pour ce village.

Une liste unique qui transforme le scrutin en référendum

La candidature unique de la liste J'aime Sainte-Suzanne pour constituer le conseil consultatif de la commune associée à Orthez confère à cette élection l'allure d'un véritable référendum. Les quatorze colistiers de Claire Edon, tous issus de l'association éponyme qui a lancé la procédure de défusion en 2014, affichent clairement leur ambition : « l'existence de notre Sainte-Suzanne sur le plan juridique ». En d'autres termes, ils visent le retour à l'indépendance communale.

Pierre Méliande, cheville ouvrière historique de la procédure de défusion et ancien élu du conseil consultatif, a lancé un appel vibrant : « J'appelle les Saint-Suzannais à voter massivement pour la liste J'aime Sainte-Suzanne ». Lors d'une réunion publique ce lundi 9 mars, devant une cinquantaine de personnes, il a insisté sur la nécessité de sortir de l'impasse, affirmant que « le statu quo n'est plus une option ».

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Les réactions des candidats à la mairie d'Orthez

Les quatre candidats à la mairie d'Orthez ont été interrogés sur leur position face à cette consultation. Leurs réponses révèlent des approches divergentes face à cette question sensible.

Jeanne Lamazère-Destugues, adjointe d'Emmanuel Hanon, se déclare favorable au statu quo. Elle attend la décision de la cour administrative d'appel de Bordeaux pour se positionner définitivement. Lors d'une réunion publique le 18 février, elle a affirmé : « Je m'engage à maintenir un dialogue ouvert et constructif avec les habitants ». Elle prévoit de nommer deux élus référents au village au sein du conseil municipal.

Éric Delteil, candidat de gauche, adopte une position plus tranchée. En cas de majorité des électeurs inscrits en faveur de la liste de Claire Edon, il entend rapidement proposer une délibération pour la défusion au nouveau conseil municipal. Dans le cas contraire, il envisage de renforcer les prérogatives du conseil consultatif, « en particulier sur le plan budgétaire ».

Les positions de l'extrême droite et du candidat Benjamin Moutet

Nicolas Cresson, candidat du Rassemblement National, considère que si une majorité des inscrits vote pour les autonomistes, « ce serait un message démocratique fort qui devra être respecté politiquement ». Il s'engage à soutenir toute démarche légale pour faire valoir cette volonté auprès de l'État. En revanche, l'absence de majorité absolue ne constituerait pas pour lui un mandat pour initier la fusion des deux communes.

Nicolas Cresson propose son « pacte Sainte-Suzanne » avec un budget d'action locale conséquent, comprenant 100 000 euros par an pour les besoins de proximité, 100 à 120 000 euros d'investissements annuels, et 20 à 30 000 euros pour des projets d'habitants. Il promet également une représentation de Sainte-Suzanne à la CCLO.

Benjamin Moutet, quant à lui, ne considère pas ce scrutin comme un référendum sur la défusion. Il estime que « l'enjeu n'a pas suffisamment été expliqué en amont ». Lors de sa troisième réunion publique en un an à Sainte-Suzanne, il a déclaré à Pierre Méliande : « Nous avons besoin de Sainte-Suzanne dans notre vision à long terme de la ville d'Orthez pour répondre à tous les enjeux qui vont se présenter à nous dans les vingt ans ». Il souhaite établir des liens nouveaux pour être « réellement à l'écoute » des besoins du village.

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Un avenir incertain qui se joue ce dimanche

Ce scrutin du 15 mars représente donc un moment décisif pour l'avenir de Sainte-Suzanne. Les urnes diront si les villageois adhèrent à ce retour à l'indépendance communale ou s'ils préfèrent maintenir l'association avec Orthez. Quel que soit le résultat, il devra être respecté politiquement, comme l'a souligné Nicolas Cresson, et pourrait influencer significativement les relations futures entre les deux communes.

La procédure de défusion, lancée il y a six ans, arrive ainsi à un point crucial. Les électeurs de Sainte-Suzanne ont entre leurs mains la possibilité de redéfinir le statut juridique de leur commune, dans un contexte où les candidats à la mairie d'Orthez affichent des positions variées, allant du soutien à l'autonomie à la défense du statu quo.