Un duel serré pour la mairie de Saint-Astier
La campagne municipale à Saint-Astier, commune de 4 000 habitants en Dordogne, s'annonce particulièrement disputée. Deux candidats s'affrontent pour l'écharpe tricolore : la maire sortante Élisabeth Marty, 60 ans, cheffe d'entreprise, et son adversaire Jacques Audouin, 72 ans, ancien commandant de bord à Air France et officier supérieur de l'armée de l'air à la retraite.
Une sortante en quête d'un troisième mandat inattendu
Élisabeth Marty, qui s'était pourtant engagée à ne réaliser que deux mandats, justifie sa candidature par l'impossibilité de mener à bien tous ses projets en raison de la crise sanitaire. Parmi les chantiers inachevés, elle cite notamment la mutuelle communale, promise dans son programme, ainsi que la transformation de l'ancien collège. Réélue en 2021 après l'annulation du scrutin de 2020, elle se positionne clairement à droite de l'échiquier politique.
Un challenger sans étiquette qui mise sur le quotidien
Face à elle, Jacques Audouin mène une liste sans étiquette et balaie les rumeurs le plaçant à gauche. Il critique ouvertement la méthode de l'élue sortante ainsi que ses projets, affirmant vouloir axer son action sur la vie quotidienne des habitants. Il pointe du doigt certains projets comme celui d'une seconde halle, qu'il juge "inutile et coûteux alors que des commerces sont vides". Élisabeth Marty lui rétorque que les cellules commerciales existantes sont "toutes petites, avec des loyers très chers".
La question intercommunale au cœur des débats
Le principal clivage entre les deux candidats réside dans leur vision de l'avenir intercommunal de Saint-Astier. Élisabeth Marty souhaite fermement que la commune quitte la Communauté de communes Isle Vern Salembre en Périgord pour rejoindre le Grand Périgueux. Elle argumente que 66% de la population astérienne travaille déjà dans le Grand Périgueux et que les enfants y vont au lycée, estimant que ce rapprochement serait bénéfique pour le développement économique, l'habitat et le renforcement des services.
Les réserves de l'opposant
Jacques Audouin s'oppose catégoriquement à cette idée, la qualifiant de risquée. Il met en garde contre les inconvénients financiers et la perte d'influence notable que subirait Saint-Astier. Selon lui, "quand on est dans une structure et qu'on veut la quitter, il n'y a que des inconvénients". Il craint que la commune ne devienne "une bille dans un sac de billes", noyée dans une structure plus vaste. La maire sortante a néanmoins précisé que des études financières seraient menées avant toute décision de quitter la communauté de communes actuelle.
Les électeurs de Saint-Astier devront donc trancher entre la continuité proposée par Élisabeth Marty, malgré son revirement sur le nombre de mandats, et le changement prôné par Jacques Audouin, avec une attention particulière portée à cette épineuse question intercommunale qui divise profondément les deux camps.



