Publicité « Vous préférez opposition ou minorité ? » : Les anciens colistiers désormais dans des camps adversaires se jaugent au conseil municipal de Ramatuelle
Lors de la dernière séance ce mardi 26 mai, l’opposition a tenté de prendre ses marques en s’attaquant à l’implication du premier adjoint tout en partageant des intérêts communs avec la majorité.
Les chaises dans le public s’emplissent toujours un peu plus à chaque séance. Comme lors de la dernière assemblée ce mardi soir. Les habitants viennent prendre la température de ce conseil ramatuellois renouvelé, divisé entre d’anciens colistiers divisés à cinq voix prêts. Conscients de leurs observateurs, majorité et opposition se jaugent, tâtonnent pour trouver leur place : trouver l’équilibre entre critique et intérêt partagé.
Tu le sais, je le sais
Avec ce passé commun, les séances prennent parfois le ton d’une réunion des anciens élèves. Lors des débats, le vouvoiement tombe rapidement pour laisser place au « tu ». Il devient alors difficile de garder la posture d’adversaire sans tenir compte de leur ancienne collaboration. Les références à demi-mot ou « private joke » agrémentent les faux débats. « Tu le sais aussi bien que moi », se lancent-ils entre chaque camp.
Première charge
Pour l’équipe de Michel Franco qui ne sait pas encore comment se qualifier - « vous préférez opposition ou minorité », leur a demandé le maire, « comme vous voulez », a répondu indifférent l’ancien candidat - il fallait bien commencer à montrer les crocs. La cible de leur coup de semonce : Enzo Baudard-Contesse. « Je trouve regrettable que le premier adjoint ne soit titulaire dans aucune commission intercommunale ». « Le titulaire ira à certaines commissions et moi à d’autres, en fonction de nos agendas. Chacun à une vie professionnelle… », se défend le bras droit du maire avant d’être coupé par Michel Franco : « Oui enfin, il ne faut pas être adjoint à temps partiel. Et comme tu étais absent au conseil le plus important de l’année (celui sur le budget, N.D.L.R.), je me pose la question. » Enzo Baudard-Contesse, tente de garder son sang-froid en voulant faire preuve de compréhension et pédagogie avant de sortir de ses gonds sous la pression de son adversaire : « Donc l’opposition fait des attaques ad hominem [...] Tu n’es pas venu à un conseil municipal non plus, il y en a eu trois. »
Main dans la main
« Allez c’est bon », clôt un brin rieur Jean-Pierre Fresia. Quelques délibérations plus tard, le premier édile fait un pas vers l’opposition en leur proposant de les intégrer aux commissions fixant les tarifs de tournage sur la commune [nous y reviendrons dans un prochain article]. « Volontiers », répondent-ils. Le ton s’apaise, l’intérêt commun prime.



