Une passation municipale marquée par un vibrant plaidoyer pour la parité
Fin mars dernier, la commune de Saint-Martin-Petit a vécu un moment institutionnel important avec l'installation officielle de son nouveau conseil municipal. Lors de cette cérémonie protocolaire, Lolita Gigan a officiellement endossé l'écharpe tricolore de maire, succédant ainsi à Marie-France Bonneau qui avait dirigé la municipalité durant le mandat précédent.
Une équipe municipale renouvelée
Le nouveau bureau municipal se compose de plusieurs adjoints ayant reçu la confiance des conseillers. Michel Muratet, Maylis Rzadkiewicz, Éric Fernandez et Michèle Auffret ont ainsi été élus pour seconder la nouvelle édile dans sa tâche. Michel Muratet, doyen de l'assemblée, a tenu à souligner avec satisfaction l'héritage financier positif laissé par l'équipe sortante, mentionnant notamment « une capacité de financement importante et des frais de structures quasiment à zéro ».
Le coup de gueule d'une maire sortante
C'est au moment de la passation de pouvoir que Marie-France Bonneau a saisi l'opportunité pour exprimer un mécontentement profond concernant la représentation des femmes dans les instances décisionnelles locales. « Je voudrais piquer un petit coup de gueule », a-t-elle lancé avec franchise devant l'assemblée réunie.
Si elle s'est d'abord félicitée que Saint-Martin-Petit ait élu une femme à sa tête, l'ancienne maire a rapidement déploré la situation globale. « À une période où on nous matraque sur la parité, je constate qu'avant le 15 mars, nous étions sept femmes maires sur les 43 communes de VGA. Aujourd'hui - c'est à vérifier - il y en aura quatre ! » a-t-elle affirmé avec véhémence.
Son analyse s'est ensuite élargie à l'ensemble du paysage politique local : « On est loin de la parité correspondant à sa promotion ! Et on en parle comme d'une obligation, c'est négatif. Les femmes sont peu nombreuses à accéder aux gouvernances des communes, des intercommunalités. »
Un constat sévère sur les mécanismes politiques
Marie-France Bonneau a pointé du doigt plusieurs facteurs expliquant cette sous-représentation féminine. Selon elle, « les hommes candidats sont plus nombreux que les femmes, la tête de liste leur revient souvent ». Elle a également remarqué que « quand les partis politiques s'expriment dans les médias, ce sont des hommes » qui occupent le devant de la scène, particulièrement dans les grandes villes.
Son verdict est sans appel : « On nous dit que la parité s'installe partout, on en est loin, le constat est saisissant. » Un discours d'autant plus remarquable qu'il émanait d'une élue venant de transmettre ses pouvoirs après un mandat complet.
Un message de soutien aux nouveaux élus
Après cette prise de parole engagée, Marie-France Bonneau a conclu sur une note plus chaleureuse à l'adresse de ses successeurs. « Bon mandat, profitez bien, travaillez bien ! Anciens élus, nous serons là pour vous donner un coup de main. » a-t-elle assuré avec bienveillance.
Reconnaissant les défis qui attendent la nouvelle équipe municipale, elle a ajouté : « Arriver à impliquer les habitants, c'est un challenge compliqué. J'ai pleinement confiance en vous. » Des paroles qui ont sans doute apporté un réconfort précieux aux nouveaux élus tout en rappelant l'importance du travail collectif au service de la population.
Cette passation de pouvoir à Saint-Martin-Petit aura donc été l'occasion d'un double message : la transmission démocratique du pouvoir municipal d'une part, et d'autre part un plaidoyer vigoureux pour une meilleure représentation des femmes dans les instances décisionnelles locales, rappelant que le chemin vers une véritable parité politique reste encore long à parcourir.



