Hendaye : les candidats aux municipales dévoilent leurs visions pour l'économie locale
Municipales à Hendaye : les projets économiques des candidats

Hendaye : les projets économiques au cœur de la campagne municipale

Le journal Sud Ouest a lancé une série d'entretiens avec les candidats aux élections municipales d'Hendaye. Chaque tête de liste est invitée à développer un thème de campagne, auquel les concurrents peuvent ensuite réagir. Pour ce premier volet, c'est Laetitia Navarron, cheffe de file de la liste de gauche citoyenne Hendaia Biltzen, qui a choisi de parler d'activité économique.

Le logement, pierre angulaire du développement économique

Pourtant spécialiste des questions de logement, Laetitia Navarron a opté pour ce demi contre-pied stratégique. « On a souhaité parler d'autre chose. Sachant que ce thème est complètement lié à notre sujet phare », justifie la représentante de cette liste majoritairement composée d'abertzale. Pour elle, le développement économique passe nécessairement par une politique ambitieuse de logement abordable.

« Pas d'entreprises locales sans travailleurs. Pas de travailleurs sans hébergement », résume-t-elle. Elle promet une politique d'acquisitions foncières et la production de logements à l'année à prix accessibles, « ce qui ne veut pas forcément dire construire ou bétonner ». Un état des lieux complet de l'existant et des dents creuses sera réalisé si sa liste l'emporte.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Convergences et divergences entre les candidats

Le maire sortant et candidat à un quatrième mandat, Kotte Ecenarro (PS), identifie lui aussi le logement comme levier prioritaire. « 250 logements seront livrés entre mai et décembre 2026, avec plus de 60 % de sociaux à chaque fois », se prévaut-il. Laetitia Navarron reconnaît un début, mais juge l'effort insuffisant. Elle rappelle que les 60 % de logements sociaux sur les programmes de 8 appartements et plus ont été portés par Hendaia Biltzen dans leur accord de 2020, rompu deux ans plus tard.

Commerce et tourisme : des visions contrastées

Plus directement économique, l'élue d'opposition envisage « l'accueil de nouveaux locaux commerciaux » en rez-de-chaussée des programmes immobiliers, avec des prix « maîtrisés ». Elle propose également une aide quotidienne aux commerces existants : fermetures de rues pour événements, mise à disposition de mobilier et meilleure communication.

Pour plus de clarté, Hendaia Biltzen prône la séparation de l'office de tourisme et de commerce, avec un transfert de la compétence tourisme vers l'Agglomération Pays Basque. Tristan Proteau, leader de la liste de droite Vivre Hendaye, est favorable à la scission mais opposé au transfert. Kotte Ecenarro défend le statu quo, estimant que tourisme et commerce sont indissociables.

Le port, un potentiel sous-exploité

Laetitia Navarron et sa liste veulent également revitaliser le port, jugé « sous-utilisé ». Ils proposent d'y développer la réparation et maintenance des bateaux, l'artisanat autour des filets et du petit matériel de pêche, ou encore une pêcherie pour la vente directe de poissons.

Dans un souci d'harmonisation, elle se prononce pour une « gouvernance unique » regroupant les budgets des ports de pêche et de plaisance. Une proposition à laquelle Kotte Ecenarro est hostile, arguant que « ce sont deux activités différentes » et que cela irait à l'encontre de la volonté du Département, gestionnaire des ports.

Mobilité et formation : des consensus partiels

Le maire sortant compte agir sur la mobilité, plaidant pour un « train du quotidien » entre Bayonne et Saint-Sébastien sur les voies existantes. Une aspiration qui fait consensus parmi les candidats, bien que relevant de compétences supra-communales.

Même convergence sur le projet ancien d'implantation d'un lycée général trilingue (basque, français, espagnol). Laetitia Navarron se projette plus loin, souhaitant « faciliter les échanges universitaires dès la première année » après le bac.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Des priorités économiques divergentes

La priorité de Tristan Proteau pour dynamiser l'économie ne fait pas l'unanimité. Le candidat LR suggère la création d'un « incubateur d'entreprises » autour des métiers de services dans la zone d'activité des Joncaux.

« Il faudra qu'il me dise où sont les locaux disponibles », réagit Kotte Ecenarro. « Aux Joncaux, il y a déjà Laneko. Autant utiliser l'existant », considère Laetitia Navarron, qui préconise plutôt de renforcer la coopération transfrontalière via le centre d'appui à l'activité et à l'emploi.

Tristan Proteau, qui « raisonne par pôles », œuvrerait aussi à « renforcer les séminaires d'entreprises » au centre de congrès Antoine d'Abbadie. Pour les commerces de centre-ville, il propose des « boutiques à l'essai » en utilisant le droit de préemption municipal, et envisage un « point de coworking » à la gare.

Un contexte économique hendayais contrasté

Selon les chiffres de l'Insee de 2022, Hendaye comptait alors 13,2 % de chômeurs, un pourcentage qui double pour les 15-24 ans (26,8 %). La commune agglomérait 6 458 emplois, répartis principalement dans le commerce, les transports et services divers (42,1 %) et l'administration publique, l'enseignement, la santé et l'action sociale (38,2 %). L'industrie représentait 14,3 % des emplois, la construction 4,1 % et l'agriculture seulement 0,6 %.

Ces données soulignent les défis auxquels le futur conseil municipal devra faire face, quels que soient les résultats du scrutin.