La nouvelle maire de Meschers-sur-Gironde, Catherine Morin, fait face à son premier gros dossier : la volonté de la Ville de préempter le terrain situé au 2 rue du fief des Sables, actuellement occupé par le camping des Sables. Accompagnée de son adjointe à l'urbanisme, Loana-Otilia Capraru Derecski, et de son adjoint à la communication, Philippe Deleporte, elle a reçu « Sud Ouest » pour clarifier la situation et répondre aux critiques qui enflamment les débats.
Un projet d'espace de détente et de loisirs
La municipalité souhaite acquérir ce terrain boisé et bien situé pour y aménager un parc public ainsi qu'une aire de stationnement pour camping-cars. Pour ce faire, elle a exercé son droit de préemption en se basant sur l'estimation du Domaine majorée de 10 %, soit 143 000 euros. Cependant, la propriétaire, Frédérique Daugrois, avait déjà trouvé une acheteuse pour 521 000 euros, ce qui a suscité son mécontentement et des accusations de sous-estimation.
Un dossier hérité de la précédente mandature
Catherine Morin tient à préciser que ce dossier a été initié sous l'ancienne maire Françoise Fribourg. La déclaration d'intention d'aliéner (DIA) est arrivée en mairie le 9 mars 2026, avant le premier tour des élections municipales. « Nous aurions pu abandonner l'idée, mais nous avons décidé d'y créer un espace public », explique-t-elle. La procédure de préemption est une prérogative légale de la collectivité, qui ne peut s'exercer qu'en présence d'un compromis de vente, ce qui était le cas.
Un écart de prix justifié par l'intérêt général
Face à la différence de prix, l'élue se défend : « Nous ne sommes pas les vilains petits canards. Humainement, c'est compliqué, mais je suis maire et je défends l'intérêt général. Que n'aurait-on pas dit si la Ville avait proposé un prix bien au-dessus de l'estimation du Domaine ? Il s'agit de l'argent des contribuables. »
Jean-Luc Blanchet, compagnon de la propriétaire, dénonce une sous-estimation. La maire rétorque que le Domaine a fait son travail correctement, en se basant sur des cessions récentes de campings non constructibles et libres d'occupation dans la région, entre 2021 et 2026.
Une procédure transparente et respectueuse
Contrairement aux affirmations de la propriétaire, Catherine Morin assure l'avoir reçue le 17 avril 2026 pour l'informer des intentions de la Ville. La commission urbanisme, composée d'élus de la majorité et de l'opposition, s'est réunie le 21 avril et s'est prononcée à l'unanimité pour la préemption au prix du Domaine. Le conseil municipal du 30 avril a ensuite voté, avec deux élus de la majorité contre et deux abstentions, ainsi que les quatre élus d'opposition. « J'ai laissé chaque élu libre de son vote, c'est ma conception de la démocratie », insiste-t-elle.
Quelles suites possibles ?
La propriétaire dispose de deux options : retirer son bien de la vente, ce qui est une réelle possibilité, ou demander à la Ville de saisir le juge de l'expropriation pour fixer un nouveau prix. La maire conclut : « Personne ne peut prédire l'avenir, mais nous restons ouverts au dialogue. »



