Depuis la victoire de Thomas Cazenave le 22 mars 2026, les maires de quartier sont au cœur de la proximité revendiquée par la nouvelle majorité bordelaise. Après deux mois de mandat, trois d'entre eux livrent leurs impressions sur ce rôle exigeant mais gratifiant.
Anne Fahmy : « très exigeant »
Juriste de métier reconvertie dans la gastronomie, Anne Fahmy est adjointe au maire chargée de l'éducation, de l'enfance et des politiques alimentaires, ainsi que maire adjointe du quartier Bordeaux centre. Elle témoigne : « L'enthousiasme nous porte toujours, c'est ça qui est bien. Tous les jours, on est dehors, dans la rue, au contact des habitants et des commerçants. On remonte les problèmes, on essaie de trouver des solutions. C'est vraiment la proximité, l'idée du maire de quartier que je me faisais. »
Elle ajoute : « Ce qui est un peu frustrant, c'est de n'avoir jamais assez de temps pour répondre aux demandes. Beaucoup de gens veulent voir le maire de quartier, mais les journées n'ont que 24 heures… La vie d'un élu local, c'est très exigeant si on veut le faire vraiment à fond. Les sujets qui remontent le plus sont la sécurité, la propreté, et les commerçants qui veulent qu'on les aide à redynamiser l'activité de Bordeaux centre. »
Gérald Carmona : « un facilitateur »
Engagé en politique depuis 2003, élu à Bordeaux depuis 2014, conseiller départemental (groupe droite et centre) depuis 2021 et retraité de l'Institut Bergonié, Gérald Carmona est maire adjoint du quartier de Caudéran. Il explique : « Pour être maire de quartier, il faut une disponibilité importante, surtout à Caudéran, qui fait plus de 52 000 habitants. C'est une ville dans la ville, avec trois bassins de vie assez différents. Cela se ressent quand les gens viennent vous voir, c'est pour des sujets à 360 degrés, pas toujours municipaux. Le maire doit être un facilitateur, un ouvreur de portes. Pour cela, il faut une écoute, une proximité de tous les jours. Mon ADN, c'est de toujours recevoir les gens. Ils viennent vous voir, vous les mariez, vous faites presque partie de la famille ! »
Catherine Fabre : « des leviers d'action »
Ex-députée LREM, Catherine Fabre est adjointe au maire chargée de la gestion de l'eau et maire adjointe du quartier Saint-Augustin/Tauzin/Alphonse-Dupeux, un vaste quartier disparate à cheval sur les boulevards, depuis Mériadeck jusqu'à la Médoquine. Elle raconte : « Je suis installée à Saint-Augustin depuis 2007 avec mes deux enfants, ils y ont fait la crèche, l'école, le collège, le lycée, la totale ! Maire de quartier, cela permet d'avoir des leviers d'action au quotidien, pour faciliter les choses. C'est un très grand quartier, avec le centre de Saint-Augustin qui est très animé, comme un cœur de village, et les autres secteurs qu'il s'agit d'animer. À Gaviniès par exemple, on se sent un peu oubliés, c'est ce que les gens attendent. C'est l'un des enjeux. »
Elle poursuit : « Depuis deux mois, c'est intense, il y a beaucoup de sollicitations, de nombreux projets sur lesquels on est attendus. Le maire de quartier est un généraliste, on lui signale beaucoup de choses. Un habitant m'a appelé parce que les drapeaux de l'école Flornoy sont abîmés. Il faut les remplacer, mais il y a de l'inertie parce que les drapeaux, on ne peut les commander qu'une fois par an… C'est tout cela qu'il faut un peu secouer, arriver à trouver des solutions plus réactives. »



