Libourne : Le personnel municipal, enjeu crucial du dernier conseil avant les élections
À quelques semaines des élections municipales, la question des effectifs et des dépenses de personnel s'est imposée comme le sujet central du dernier Conseil municipal de la mandature. Premier poste de dépense de fonctionnement d'une ville, les ressources humaines cristallisent les débats entre maîtrise budgétaire, évolution des services et conditions de travail des agents.
Un dernier conseil municipal sous tension
Ce lundi 23 février, le Conseil municipal de Libourne avait une saveur particulière. Il s'agissait du dernier conseil de la mandature, à quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars. À l'ordre du jour figurait notamment le Rapport d'orientation budgétaire (ROB), un document dense d'une centaine de pages qui dessine les grandes lignes financières de la Ville pour les années à venir, et dresse au passage un bilan des précédents exercices.
Parmi les chapitres les plus scrutés : la structure et l'évolution des dépenses de personnel et des effectifs, premier poste de dépense du fonctionnement communal. Une question particulièrement sensible car si la Ville tourne, c'est grâce avant tout à des femmes et des hommes : agents des écoles, des services techniques, de la police municipale, de la culture, du social ou encore de l'administration.
Un poids budgétaire considérable
Aujourd'hui, les dépenses de personnel représentent près de 57% des dépenses de fonctionnement de Libourne. Un poids considérable, qui impose des choix clairs et stratégiques. Sur le mandat écoulé, la masse salariale est passée d'environ 22 millions d'euros à plus de 27 millions.
Cette hausse significative ne correspond pas à une explosion des recrutements, mais bien plutôt à des évolutions imposées au niveau national : salaires minimums relevés, cotisations sociales en hausse, nouvelles protections pour les agents. Pour autant, la question des effectifs reste extrêmement sensible et divise profondément les élus locaux.
L'opposition critique la gestion des effectifs
Dans les rangs de l'opposition, le conseiller municipal de droite Christophe Gigot n'a pas mâché ses mots. Selon lui, la mutualisation avec la Communauté d'agglomération aurait dû permettre une baisse plus nette des effectifs, ce qui n'a pas été le cas. Il estime que la Ville « a pris du retard » et que le rattrapage sera difficile, même s'il prévoit, en tant que candidat aux municipales, un plan de recrutement en matière de sécurité.
« D'où l'importance d'être déjà sur une tendance à la baisse », insiste-t-il avec conviction. Pour Christophe Gigot, l'enjeu n'est pas seulement de réduire le nombre d'agents, mais de travailler autrement. Il pointe le potentiel des nouveaux outils numériques, comme l'intelligence artificielle, dans les domaines administratif ou juridique.
Modernisation et absentéisme
Ces outils qui, selon lui, ne remplacent pas les agents, mais permettent de gagner du temps, de simplifier les tâches et, à terme, de limiter les besoins en effectifs. Il évoque également un absentéisme préoccupant, lié selon lui à l'organisation du travail et au vieillissement des agents.
Un phénomène qu'il juge insuffisamment documenté mais lourd de conséquences, « tant pour les finances de la Ville que pour la santé des personnels », estime-t-il avec inquiétude. Cette analyse détaillée de la situation du personnel municipal met en lumière les défis auxquels fait face la collectivité.
La réponse de la majorité municipale
En réponse, le maire Philippe Buisson a assumé une ligne de conduite prudente mais ferme. Il a rappelé l'engagement de la majorité municipale à réduire d'environ une trentaine de postes sur la Ville, le CCAS et les services mutualisés, tout en reconnaissant la difficulté de l'exercice dans un contexte où les besoins de la population augmentent.
Non sans égratigner au passage le coût financier et présumé du programme de son opposant. Cette confrontation entre majorité et opposition sur la question cruciale des ressources humaines municipales montre que la campagne des municipales est bel et bien lancée à Libourne.
Les débats autour du budget et des effectifs municipaux préfigurent les enjeux qui seront au cœur de la campagne électorale à venir. La gestion des ressources humaines, entre modernisation, maîtrise budgétaire et préservation des conditions de travail, s'annonce comme un thème déterminant pour les électeurs libournais.



