Autour de Bordeaux, les indemnités des élus municipaux font débat
Indemnités des élus municipaux : débat autour de Bordeaux

Fixation des indemnités des élus municipaux autour de Bordeaux

Depuis les dernières élections municipales, les conseils municipaux de la région bordelaise sont engagés dans un processus crucial : la détermination des indemnités mensuelles pour les maires, adjoints et conseillers. Ce premier arbitrage financier de la mandature, encadré par la loi mais laissant des marges de manœuvre locales, donne lieu à des pratiques diversifiées et parfois singulières dans les communes de l'agglomération.

Des approches variées selon les communes

La plupart des municipalités ont déjà statué, les autres disposant de trois mois pour trouver un équilibre. L'objectif affiché est souvent une indemnisation reflétant l'ampleur des tâches, afin de prévenir toute critique. Michel Poignonec, maire de Villenave-d'Ornon, souligne l'engagement temporel exigé : « Les maires ne comptent pas leurs heures. Vous pouvez être dérangés la nuit pour un événement grave, il y a des cérémonies à présider et des récompenses à remettre les week-ends ».

Son indemnité vient d'être fixée à 4 343,22 euros bruts, en augmentation de 1 034 euros mais restant inférieure aux niveaux de 2014-2020. Se consacrant pleinement à sa fonction, il envisage une disponibilité totale de son poste de directeur général des services au Pian-Médoc, ce qui réduira ses revenus globaux. Il a renoncé à une indemnisation plus élevée autorisée par la loi, demandant à ses adjoints d'en faire autant pour mieux rémunérer les autres élus, y compris ceux de l'opposition. Ainsi, pour la première fois, les sept conseillers d'opposition perçoivent 154,14 euros mensuels.

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Innovations et controverses locales

À Talence, cette pratique existe depuis 2014. Emmanuel Sallabery, le maire, justifie cette indemnisation par la compensation du temps d'indisponibilité professionnelle, permettant aux élus, y compris l'opposition, de travailler sur les dossiers. Son indemnité personnelle s'élève à 5 076 euros.

À Pessac, la situation est plus complexe. Franck Raynal, le maire, a réduit son indemnité de plus de 20% depuis 2017, la fixant à 5 105,32 euros. Cependant, Bérangère Couillard, de l'opposition, estime cette somme insuffisamment modeste compte tenu de son temps partagé avec le CHU de Bordeaux. Par ailleurs, Pessac a instauré une indemnité spécifique de 1 265,25 euros pour les quatre conseillers municipaux délégués siégeant également à la Métropole, presque le double de leurs homologues. Cette mesure, qualifiée d'« injuste » ou d'« étrange » par l'opposition, est défendue par Franck Raynal comme compensant leurs relations accrues avec les instances métropolitaines.

Gestes symboliques et répartitions

À Ambarès-et-Lagrave, le maire David Poulain a diminué ses indemnités d'environ 1 000 euros, les fixant autour de 3 000 euros, un moment qualifié d'« historique ». Il prévoit de reverser la différence au tissu associatif, bien que la facture totale soit alourdie par la rétribution de plus d'élus de la majorité.

À Lormont, Philippe Quertinmont va plus loin en renonçant totalement à ses indemnités de maire. Élu également à la Métropole et au Département, ce retraité estime bénéficier d'un équilibre financier lui permettant ce geste, afin de mieux rétribuer son équipe composée de nombreux actifs. « Il me semblait important qu'ils puissent avoir le confort nécessaire pour pouvoir s'impliquer au quotidien », confie-t-il.

Cadre légal et perspectives

La loi prévoit que chaque municipalité dispose d'une enveloppe à répartir entre ses élus, avec des plafonds selon la taille de la commune. Par exemple, dans les villes de 3 500 à 9 999 habitants, le maire peut percevoir jusqu'à 2 396,44 euros. Les élus sont libres d'opter pour des montants inférieurs, avec des majorations possibles dans certains cas comme les stations de tourisme.

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Le premier conseil de la Métropole, prévu au plus tard le 24 avril, examinera également les indemnités de ses membres. Ces décisions locales autour de Bordeaux illustrent ainsi les tensions entre reconnaissance du travail des élus, modération budgétaire et recherche d'équité, dans un contexte où la transparence et la vertu politique sont scrutées.