Hendaye adopte son budget 2026 en pleine période électorale
Alors que la plupart des communes ont suspendu leurs débats en attendant les résultats des élections municipales, la majorité du maire PS Kotte Ecenarro a fait adopter le budget 2026 d'Hendaye, mercredi 25 février. Cette séance du Conseil municipal, la dernière avant le scrutin des 15 et 22 mars, a réuni les 33 élus hendayais dans un contexte financier particulièrement tendu.
Un budget adopté à la majorité malgré une dette alarmante
Le budget principal de la ville a été adopté à la majorité, suivi des différents budgets annexes. Cette décision intervient un mois après la révélation d'une dette municipale dépassant les 32 millions d'euros, une situation sévèrement critiquée par l'opposition Hendaia Biltzen mais assumée par le maire socialiste et son nouvel allié de Goazen Aitzina, Pascal Destruhaut.
Le budget de fonctionnement prévisionnel pour 2026 s'équilibre à 29,4 millions d'euros. Les recettes proviennent principalement de la fiscalité locale (17,3 millions), mais subissent le contrecoup de « la diminution des résidences secondaires constatées en 2025, et anticipée pour 2026 ». Environ 300 propriétaires seraient passés en résidence principale, avec des suspicions de fraudes, entraînant une baisse d'environ 300 000 euros du produit lié à la surtaxe d'habitation.
Des dépenses en hausse et des investissements conséquents
Du côté des dépenses de fonctionnement, les charges de personnel s'élèvent à 15,3 millions d'euros, en hausse de 5 %. La subvention accordée au Centre communal d'action sociale (CCAS) augmentera d'environ 170 000 euros pour atteindre 1,75 million d'euros.
Le budget d'investissement prévisionnel s'établit à 10,2 millions d'euros. Il comprend le paiement étalé des grands projets du mandat, comme la piscine municipale d'Irandatz, le réseau de chaleur urbain, le complexe Txiki Handi et les aménagements du cœur de ville. Pour ce dernier chantier, 900 000 euros sont prévus en 2026 pour la phase 1 des travaux de l'église Saint-Vincent et les études relatives à la réhabilitation de la médiathèque.
Pour financer ces investissements, le directeur financier Martin Guignot a annoncé un emprunt de 5 039 445 euros inscrit en recettes d'investissement, les subventions et l'autofinancement n'étant pas suffisants.
L'opposition dénonce l'absence de politique ambitieuse pour le logement
Au nom d'Hendaia Biltzen, Laetitia Navarron a vivement critiqué l'absence d'engagement budgétaire en faveur du logement : « Il n'y a pas de ligne visible dédiée à une politique ambitieuse du logement permanent, pas de stratégie foncière clairement financée. La crise est reconnue dans les discours, mais elle ne se traduit pas dans les choix budgétaires. »
Elle a ajouté : « Le budget 2026 s'inscrit dans une logique d'accompagnement du marché plutôt que de régulation et d'intervention. Dans un marché sous tension, l'inaction publique renforce mécaniquement la spéculation. »
Le maire défend son bilan et annonce 300 logements à venir
Candidat à un quatrième mandat, le maire Kotte Ecenarro a répondu en mettant en avant son bilan en matière de construction de logements : « Le meilleur signal que nous pouvons donner, c'est la livraison prochaine de près de 300 logements, sur le 2e trimestre 2026, entre Itsas Talaia, Oriokoborda, Hirutasuna et la maison Martinet. » Ces programmes comporteront chaque fois plus de 60 % de logements sociaux.
Laetitia Navarron a rappelé que ce seuil minimal de 60 % faisait partie de l'accord de l'entre-deux-tours des municipales de 2020, entre son groupe et la majorité de Kotte Ecenarro, accord rompu en 2022. La première adjointe en charge de l'urbanisme, Chantal Kehrig-Cottençon, lui a répliqué en soulignant que dans les emplacements réservés du PLU pour le logement social, il y avait aussi deux résidences à la Plage avec 100 % de logements sociaux.
Un vote divisé mais une adoption finale
Le groupe Hendaia Biltzen a voté contre le budget, tandis que Pascal Destruhaut, après analyse de la situation, a estimé qu'à fin 2026 « la commune resterait dans une zone maîtrisée à contrôler ». Il a conclu : « Nous voterons pour en responsabilité. » Son groupe l'a suivi, à l'exception de l'ancien maire Jean-Baptiste Sallaberry. Notons que Goazen Aitzina avait voté contre les précédents budgets du mandat, marquant ainsi un changement d'alliance significatif à l'approche des élections.



