Municipales 2026 : la bataille pour la gratuité des transports à Nantes
Les 15 et 22 mars 2026, les Français éliront leurs maires pour un mandat de six ans. Ce scrutin majeur de la vie politique locale voit déjà les hostilités s'intensifier partout en France, en attendant le début officiel de la campagne fixé au 2 mars. Dans ce contexte, la rédaction de 20 Minutes se mobilise pour lutter contre les fausses informations et éclairer les citoyens avant leur passage dans l'isoloir.
La promesse de gratuité en question à Nantes
La gratuité des transports en commun le week-end à Nantes, effective depuis 2021 et promesse de campagne de la maire sortante Johanna Rolland, jouit d'une large popularité auprès des habitants. Cependant, cet acquis est aujourd'hui contesté par le principal candidat d'opposition, Foulques Chombart de Lauwe, représentant la droite et le centre. Lors de son premier meeting en janvier, il a annoncé son intention d'organiser un référendum sur cette mesure, arguant que « rien n'est gratuit » et que ce système entraînerait une « hausse de la taxe foncière ». Cette position divergente des autres programmes met en lumière une question cruciale : qui finance réellement la gratuité des transports ?
Un coût estimé entre 15 et 20 millions d'euros par an
Foulques Chombart de Lauwe affirme que la prétendue gratuité coûte entre 15 et 20 millions d'euros annuels à la métropole nantaise. Selon lui, cela a provoqué une augmentation de la taxe foncière et une réduction de la fréquence des bus et trams. Pascal Bolo, vice-président des finances de Nantes métropole et président de la Semitan, nuance ces propos. Il confirme le coût estimé mais précise que le financement des transports publics repose sur un budget annexe alimenté par le versement mobilité, payé par les employeurs de plus de onze salariés, et les recettes d'exploitation du réseau. Chaque année, Nantes métropole verse environ 220 millions d'euros à la Semitan, dont seulement 60 millions proviennent de la tarification.
Un financement complexe sans impact direct sur les impôts des ménages
Pascal Bolo insiste sur le fait que la gratuité partielle a boosté la fréquentation des transports le week-end sans compromettre d'autres projets. Pour une ville comme Nantes, une gratuité totale serait « inimaginable », car elle nécessiterait de renoncer au développement et à la maintenance du réseau, notamment avec l'arrivée prévue de deux nouvelles lignes de tramway en 2027. Il clarifie que « pas un centime d'impôt ménage » ne finance directement les transports publics. Les Nantais contribuent indirectement soit via l'achat de tickets ou d'abonnements, soit par le biais du versement mobilité si ils travaillent pour un employeur local de taille significative.
La gratuité, un argument électoral à l'échelle nationale
En France, la gratuité totale ou partielle des transports en commun est un thème récurrent dans les campagnes municipales, déjà adoptée dans une quarantaine de collectivités. À Montpellier, par exemple, elle est effective pour tous les habitants de la métropole. Cependant, cette mesure semble plus facile à appliquer dans des villes de taille moyenne sans tramways, comme Châteauroux, Castres, Niort, Dunkerque ou Bourges. Le débat se concentre souvent sur l'extension de la gratuité à certaines tranches d'âge. À Clermont-Ferrand, le maire sortant Olivier Bianchi (PS) propose de l'élargir aux moins de 26 ans et aux plus de 60 ans, tandis que son adversaire Julien Bony (LR) met en garde contre un transfert de coût vers le contribuable.
Les enjeux pour Nantes après les élections
À Nantes, en cas de réélection, Johanna Rolland s'engage à maintenir la gratuité le week-end et à étendre la tarification solidaire à 15 000 personnes supplémentaires. À l'inverse, une victoire de Foulques Chombart de Lauwe pourrait conduire à un référendum pour supprimer cette mesure. Les résultats des municipales à Nantes, déterminants pour l'avenir des transports, seront disponibles sur 20 Minutes après les scrutins des 15 et 22 mars 2026.



